Yves Pignol publie "Les Gens sans histoire"

Yves Pignol, ancien professeur de lettres au lycée St Joseph de Sète, publie un recueil de nouvelles, Les Gens sans histoire, sous-titré : nouvelles de mon haut canton. Ce livre est une chronique de mœurs des années 1960 dans un village héraultais où l'auteur a passé son enfance, auprès de petites gens dont il se veut l'héritier reconnaissant.        

pignolCapture"Que se passait-il en ce temps-là dans ce coin reculé des hauts cantons?  Rien, rien  qui eût dérangé la vie ordinaire de ses habitants. Les années s'empilaient  une à une dans le tiroir où l'on gardait les calendriers des Postes. 1952, 1953, 54, 55...1966 avait ressemblé, à un enterrement près, à 1965, les mêmes événements saisonniers avaient eu lieu : le pèlerinage à Saint Michel le 8 mai, la fête locale en juillet, l'ouverture de la chasse juste avant l'automne, la messe de minuit à Noël. Un village sans histoires, et rien qui aurait pu retenir le quidam de passage, un promeneur égaré en quête du sentier qui grimpe vers les ruines du château de Mourcairol et le sommet du Pic de la Coquillade. C'est vrai, l'existence de ces gens  ne  payait pas de mine. Nul doute que  le quidam, après avoir demandé le renseignement à Marcel qui roulait sa cigarette devant la porte, aurait passé son chemin."

A moins qu'un familier des lieux ne  le rattrape dans la rue de l'Horloge et lui dise :

 « je peux vous en raconter de belles sur ces gens.

–          Sur ces gens ?

–           Les secrets de leurs vies petites, je les sais par cœur...

Des secrets...vraiment ? »

            Et à ce passant l'auteur aurait expliqué ses « secrets » :

            « J'ai écrit les premiers mots de ces Gens sans histoire le jour où je me suis aperçu que plus personne autour de moi n'était là pour parler d'eux en ma compagnie; j'étais le dernier, le seul à pouvoir les sauver du grand oubli et  les arracher en même temps à l'anonymat qui avait été leur  sort dans  leurs vies de petites gens. Pour les résusciter, je me suis souvenu des jours anciens sans doute, remplis d'anecdotes, de portraits, de mots truculents...mais j'ai surtout essayé de réinventer l'essentiel:  le talent de ces humbles à se raconter eux-mêmes au jour le jour, au coin de la rue, devant l'épicerie, lors des veillées  chaises sur le pas de porte à la nuit tombée, autour de la toile cirée et du Pernod maison. Leurs vies si ordinaires se trouvaient alors transformées par leur verve burlesque, la tendresse d'un mot parfois gros, les digressions déroutantes, la galéjade aux lèvres et, à l'oeil, la larme en même temps.       

J'ai imaginé  ces nouvelles dans ce but, retrouver le sel de leur faconde, recréer l'histoire cachée de ces gens... sans histoire. Les personnages habitent tous en un même lieu, la Placette, l'agora du quartier bas, dans les années 1950-1980. Ils réapparaissent dans les récits successifs mais chacun, un jour, en vient à jouer le premier rôle , à devenir le «héros» d'une des huit nouvelles du recueil.

–        Dites-moi, ce sont des histoires vraies ?

–        Histoires vraies et... vraies histoires, parce que chacun de ces gens aux existences si minimes méritait bien que l'auteur, venu de l'autre rive de l'Orb, les aide à devenir « Quelqu'un ». Tenez, ça s'appelle les gens sans histoire*, vous m'en direz des nouvelles. »

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 * le livre est en vente à Sète (librairies Nouvelle librairie sétoise et L'échappée belle), à Montpellier (librairies Sauramps et Gibert) ou sur demande:  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.