Méditerranéennes à La Comédie du Livre

Actions, pensées, œuvres littéraires venues des rives de la "Mer du milieu", présentes telles des constellations dans les âmes nous ont été données à voir lors de la 32ème édition de la "Comédie du livre" qui s'achevait dimanche 21 mai 2017. Et, comme face aux étoiles du ciel d'Alger qui fascinaient Albert Camus, on cherchait des repères afin de fixer quelques impressions méditerranéennes.


stand de la Bibliothèque inter universitaire

Il y a bien eu un port à Montpellier jusqu'au XVème siècle, mais la métropole ne célèbre pas "l'onde amère" Homère n'est évoqué que par le stand de la bibliothèque interuniversitaire ou quelques œuvres comme le recueil de F.J.Temple, En Méditerranée ou les Havres de Kiarostami. Sète, la voisine portuaire, apparaît parfois "Cette ville, Les Chevaliers de la tintaine), mais ce sont les singuliers ouvrages des Editions érès qui invitent le plus au voyage "sur les chemins humides" (Le Blues du coquillage). On peut certes être interpellé par le Languedoc littoral, voire L'Hérault au fil de l'eau. Au stand Gibraltar, on célèbrerait plutôt l'au-delà des colonnes d'Hercule et certains ouvrages évoquent même l'Inde. La "grande bleue" n'est qu'entrevue dans l'espace-exposition où l'on pouvait voir des photographies évoquant les Voyages en Algérie de Claire et Reno Marca. Vue du ciel, on surplombe Notre Dame d'Afrique et la pente du mont qui porte la statue de la Vierge, le port d'Alger et la mer. L'Algérie du présent qui souhaite la bienvenue malgré tous les drames passés et la nostalgie pour certains de la présence française (ouvrages présentés par T. Alzieu).

Mais sur les rives de "Mare nostrum" ont éclos des œuvres du temps présent où point l'intensité des drames de notre époque. Ainsi parle L'Orient est rouge de Leïla Sebbar ou Le Corps de ma mère de la Tunisienne Fawzia Zouari, ainsi que Le Livre des cercles de l'écrivain et photographe Youssef Rakha, grand roman symphonique qui interroge la place d'un jeune arabe musulman dans le monde globalisé. Si l'Italie, l'Espagne, les Balkans ont leur place, la Grèce est à l'honneur. On trouve bien Le Christ recrucifié, mais aussi au stand Sauramps-Triangle Femmes de Grèce de Galatée Kazantzaki et les œuvres d'un jeune de notre époque, Dimitri Dimitriadis, pour qui un lecteur évoque ses démêlés passés avec la justice grecque. Le plancher qui tangue parfois gêne quelque peu pour observer les photographies de l'"Athènes blessée" de Christos Chryssopoulos et la saisissante vue de l'éphèbe aux yeux dorés, en avant d'un fond d'immeubles banals. La "Disjonction" montre toute la misère d'une ville meurtrie : dans un terrain vague entouré d'arbres dépouillés stagnent des automobiles déglinguées. Et Chryssopoulos est le plus connu en France des jeunes écrivains grecs.

Loin des Cyclades et de la "mer vineuse", il est, sur les rives de la Méditerranée, drames et souffrances. Sous la nef de toile, il y a pour cela les livres d'une nouvelle saison, comme quand se levaient sur le ciel de l'Attique les Pléïades qu'observait Hésiode. Voici les Méditerranéennes.

Publié le 22 mai 2017, R&H.

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon