"Midi se meurt, sauvons-le" de Philippe Villemus

Ce livre s’inscrit dans un courant de prise de conscience globale vis à vis de cette idéologie, maintenant reconnue mortifère, qu’est le néolibéralisme. Il s’inscrit également dans le refus du nivellement, de la pensée unique qui voudrait nous imposer une vision prophétique de l’évolution de nos sociétés, du rejet de toute réflexion sur les possibles alternatifs. Ce livre est un ouvrage de combat pour une ligne de refus : non, nos villages ne sont pas condamnés à devenir soit des banlieues uniformisées, soit des déserts économiques, culturels ou autres, non, nos villes n’ont pas à subir mutilations sans respect pour leur histoire, non, le Midi n’a pas vocation à devenir le bronze fesses de l’Europe.

Cette bande de territoire qui s’étend le long de la Méditerranée des Pyrénées aux Alpes, sur une cinquantaine de kilomètres de large jusqu’aux contreforts du Massif Central n’est pas condamnée à être bétonnée et bitumée pour les besoins de la cause touristique. D’autres solutions existent, Philippe Villemus les énumèrent. Elles s’inscrivent dans l’histoire et la culture de ce Midi tant méprisé par les élites parisiennes, en témoignent quelques anecdotes rappelées par l’auteur. Des autres dangers qui menacent l’intégrité de ce territoire, le changement climatique n’est pas le moindre. Il risque en effet d’avoir des conséquences dévastatrices sur le faune, la flore et au bout du compte sur les hommes et les femmes qui le peuplent.

Ce n’est pas à un repli frileux et identitaire qu’appelle Philippe Villemus mais au contraire à une ouverture, en brandissant une culture, un caractère, un langage si précieux car héritiers d’une longue tradition. Face à ces ruptures catégoriques que veulent nous imposer les tenants d’une globalisation totale et sans restriction tant dans les domaines culturels, que linguistique avec la prédominance de l’anglais, que consumériste avec l’uniformisation généralisée, qu’architecturaux dans ses errements absurdes etc...

C’est aussi un réquisitoire pour la transmission, transmission d’une identité mise à mal par les problématiques actuelles, d’une histoire cahotique. la transmission «qui est au coeur de la survie identitaire pour tout groupe humain».  Si le Midi se meurt dans la misère sociale qui le mine, la corruption qui le gangrène, l’incompétence qui le dirige, la pollution qui l’envahit et d’autres maux non moins considérables, il s’agit d’agir sans délai pour limiter les dégâts, et Philippe Villemus nous donne quelques pistes.
«Midi se meurt, sauvons-le !» de Philippe Villemus aux éditions Le Papillon Rouge

M. P.