Thomas Verny, maître des lumières.

Sète fait le bonheur des artistes. La "ville-port" ne cesse d'inspirer Thomas Verny qui expose pour la deuxième fois à la galerie Dock Sud, 1 quai aspirant Herber.

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Jusqu'au 22 octobre, les amateurs d'art pourront voir de nouveaux et nombreux petits formats, mais aussi des toiles plus grandes, jusqu'à de grands formats. Toutes, œuvres nouvelles, à l'inspiration renouvelée, hommage à la lumière de Sète.

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Ce qui ne signifie pas que l'artiste soit indifférent aux formes, aux volumes, ni aux problèmes du traitement de la perspective. Problèmes d'autant plus délicats que T. Verny a brossé de nombreuses œuvres, avec vue en surplomb, "en plongée" comme l'indique le titre de l'exposition. C'est un défi que le peintre a su relever avec brio. Ces vues des toits de quartiers anciens de la ville témoignent d'une vision épurée, d'une façon rigoureuse.

Bien sûr, les ocres et les bruns des tuiles romaines, nuancés par la lumière, participent du spectacle. Ils contribuent à célébrer les toits de Sète, comme d'autres ont célébré les toits de Paris.

Et, en formats moyens, les vues du port à hauteur d'étage n'évacuent pas, dans leur simplicité géométrique, la lumière des façades ni la couleur des canaux et de la mer.

Il est un grand format qui devrait réjouir spectateurs et collectionneurs : se découpent sur le ciel des étages de maisons anciennes, éclairés d'une lumière transparente qui tranche sur le reste des façades plus obscur. Se lit alors sur la toile l'étrange présence des bâtiments dressés, chapeautés de carmin passé. Et la poésie singulière des constructions sétoises interpelle le visiteur.

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En petit ou en grand format, nombre d'œuvres sont vues à hauteur d'homme. Couleur et lumière attirent à propos de sujets simples comme les nuances des nuages au-dessus de "la montagne", dominant le quartier du Château Vert ; le blanc cru de la coque d'un ferry ; l'harmonie géométrique que crée l'animation du port.

Et puis, l'artiste nous montre comment couleurs et lumières hantent le spectateur de "l'Ile singulière".

Ici, le jaune des flotteurs de liège des filets dépassant d'une bâche brune, poudroie. Là, vibrent les ocres des falaises autour de la plage de l'Anau.

Certains tableaux peuvent être jugés plus convenus, mais les nuances du filet de mer et de la plage au-delà des ganivelles noires sont peu banales.

Comme les nuages au-dessus du passage vers la plage, en plein ciel.  Et le sens de la lumière du peintre nous montre un sujet connu sous un jour autre : au cimetière marin, la luminosité crue baigne les marches des tombeaux, se reflète en gris clair sur les murs des chapelles, sculpte de géométriques ombres noires. Sans plus rien de funéraire, toute une vue étrange s'offre au visiteur.

Comme avec Chirico, on est au-delà du réel. Ces clartés qui exaltent les teintes,