Jean Rouzaud : la magie.

Jusqu'au 31 janvier 2018, la galerie Yves Faurie à Sète -12 quai Suquet - montre une série d'œuvres de Jean Rouzaud qui nous quitta il y a deux ans, après une riche carrière artistique rayonnant aux plans national et international. Et le mot magie, au sens propre du terme, s'impose pour ces œuvres singulières. 

rouflP1010176

André Breton, dans ses Ecrits sur l'Art, parlait de l'opération artistique comme d'une opération magique : l'art, par un processus indéfinissable et mystérieux, ne modifie-t-il pas l'état du spectateur ?

rouvbP1010174

Magique donc l'univers de J. Rouzaud qui interpelle dès l'entrée de la galerie. Un tableau prend, à la lumière naturelle, un relief très particulier : un entrelacs de bandes courbes noires et brunes emprisonne des blancs et verts végétaux.

Et comme l'œuvre respecte les canons picturaux, elle dégage un équilibre et une sérénité étonnants.

Comme pour toutes les œuvres, elle est sans titre, elle laisse ouvertes les portes à la subjectivité du spectateur. Dans le couloir qui suit l'entrée, un meuble rappelle les débuts du peintre avec de petits formats figuratifs où apparaît le clocher de Saint Louis et des paysages où parfois éclatent des couleurs vives.

Tel le rectangle rouge du toit dans une composition sylvestre. Et puis, dès le début des années cinquante, en format moyen, des abstractions très pleines, très colorées.

 En face, une série de toiles aux traits noirs hardis mène à une première salle où de grands tableaux interpellent le visiteur. Sur l'un, à partir d'un centre noir, divergent avec ampleur de grands aplats courbes striés de blanc. Parfois, au sein de courbes brunes, des blancs translucides éclairent des intérieurs. Hardiesse et vigueur des grandes courbes divergentes se retrouvent plus loin et l'élan des traits redressés aux extrémités donne une impression comparable à celle d'une corolle ouverte.

Et s'y ajoute l'ostension d'une vraie splendeur chromatique. Et la magie opère. L'harmonie singulière émeut l'âme du spectateur comme peut le faire un solo de violoncelle ou les musiques planantes de Hans Wessemer. Les couleurs avivées par l'acrylique sont plutôt le domaine de la dernière salle où se déploient de très grands formats où de larges pans de rouges carminés semblent aller au devant du visiteur.

rou

Et comme Jean Rouzaud a été aussi un architecte de talent, il joue sur des plans différents donnant, avec le jeu des couleurs, du relief aux tableaux. Les aplats de rouge surgissent de plans sombres qui se juxtaposent. Ainsi d'un trapèze qui semble appartenir à la troisième dimension par le jeu des lignes et d'une ombre portée. Et la dernière œuvre illustre plus le jeu avec les couleurs qu'avec les formes. Un carré rouge au centre semble avancé par rapport au bleu azur et au noir, de part et d'autre.

 Jean Rouzaud a bénéficié de bien des influences, de Soulages aux fresquistes mexicains qu'il connut dans les années 70. Mais l'équilibre, l'harmonie des œuvres ouvrant la porte à l'émotion, c'est singulier. C'est magique.

 P.S. L'exposition est ponctuée par les verticales des hardies sculptures végétales de Jean Llozeras, sculpteur des P.O.

Hervé Le Blanche

Nouvelle expo à Lattes "collection de torques"

 

Explorée depuis le XIXe siècle, la craie champenoise a livré un nombre considérable de nécropoles généreuses en objets qui ont aidé les générations successives d’archéologues à forger des références partagées pour construire et reconstruire l’image des Gaulois.
D’abord convoités pour leurs qualités antiques et esthétiques, les torques, ces colliers rigides caractéristiques, faits de bronze ou d’or, mis au jour en Champagne sont rapidement considérés comme des indices incontournables pour concevoir la chronologie de l’âge du Fer européen.

« Torques et compagnie. Cent ans d’archéologie des Gaulois dans les collections du musée d’Épernay », c'est le thème de la nouvelle exposition de Lattara au Musée Henri Prades de Lattes qui sera présentée jusqu'au 2 septembre 2019.

Une riche collection de 350 objets retraçant 100 ans d’archéologie des Gaulois en Champagne...

» Echos/Lattes