David Djordjevic, l'homme de l'Art.

 Le jeune homme de Montpellier est devenu un artiste. Il vit de plus en plus à Sète où il est accueilli à la galerie Dock-Sud car ses œuvres trouvent place dans le mouvement de l'art contemporain tel qu'il s'est déployé après 1945. Rencontre singulière de ces œuvres riches d'humanité avec celles du mouvement qui voulait retrouver, au delà  de toute convention, l'expression brute de la sensibilité des hommes.

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 David Nicolas Joseph Djordjevic n'a pas suivi les cours de l'école des Beaux-arts. Passé le bac S, il a été conduit par d'autres aspirations que les études scientifiques. Priorité à l'horloge interne. Et dans son for intérieur, il cherchait à comprendre pourquoi la communication était difficile avec l'Autre. Problème qu'il tenta de résoudre en suivant des études de psychologie.

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Pour se faire entendre, ne faut-il pas comprendre ceux à qui on s'adresse ? Etudes décevantes car trop générales, sans doute peu opératoires. Et ce fut l'abandon en fin de master. Car une autre voie s'était ouverte, plus favorable à l'expression d'une vive sensibilité et d'une personnalité en devenir. Peindre, c'était déjà se construire en "s'appropriant un espace de vie". De plus, peindre était un moyen privilégié d'expression et apportait du plaisir. Alors, la peinture est devenue "quelque chose de nécessaire".

Et la démarche fut confortée par des visites aux musées et l'apport de l'œuvre de Mathieu et de l'abstraction lyrique. L'influence du peintre Mathieu fut marquante pour sa structuration solide qui donne équilibre et harmonie à ses œuvres. Plus généralement, l'abstraction lyrique ouvrait la voie à la couleur, la lumière, la liberté.

 Cette liberté d'expression que David Djordjevic développa le conduisit à faire sa jonction avec de grands artistes non conformistes, comme ceux qui, après guerre, veulent jeter "par-dessus bord tout patrimoine culturel" et puiser leur inspiration dans "des formes non contaminées par les normes et conventions de l'Occident". Comme le groupe CoBrA (dont Alechinsky, connu en France), au voisinage de Jean Michel Basquiat. Les œuvres de D. Djordjevic interpellent le spectateur : à pleine pâte, à pleines mains, il a dressé sur la toile les totems de l'espèce humaine.

Ces personnages aux têtes zoomorphes sont tabous. Ils sont emblématiques de l'espèce humaine, valeur sacrée s'il en est.

Sans doute sont-ils mortels, mais certains tableaux mexicains et les "fêtes de la mort" de ce pays nous disent que cela peut ne pas être effrayant. Et les tons bruts des couleurs accompagnent  personnages et situations. Le rouge du sang humain cerne les silhouettes, rougit la victime de "La fin d'un combat", les os du trépassé qui doit franchir l'Achéron. Le fond du "Djinn ailé" est d'un jaune solaire. Celui de "La rencontre" montre un bleu profond, lumineux, d'une forte joie intérieure.

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 "Le demi-dieu"surgit de l'éclaboussement des couleurs du monde.

A 25 ans, David Djordjevic étonne : il éveille en nous des émotions primordiales. Celles qu'il a ressenties et qu'il nous transmet.

Hervé Le Blanche

Maïté Six : l'intuition créatrice



 

« Je ne retiens que ce qui est peinture du cœur humain »  disait Stendhal, l'auteur de La Chartreuse de Parmes qui voulait consacrer sa vie à la rêverie, à la « chasse au bonheur », aux arts et à l'amour. Nul doute qu'il aurait aimé les peintures lumineuses de Maïté Six qui invitent  à la sérénité et au songe.
Maïté Six est une vraie autodidacte mais tout ne s’apprend pas à l’école. Son intense passion pour l’art et sa ferveur au travail lui ont permis d’acquérir de solides bases techniques sans en devenir esclave. Ses œuvres suivent la sensibilité du moment, parfois inspirée par les maîtres anciens parfois guidée par l’intuition et les sentiments personnels.
Une ligne constante se dégage néanmoins de son écriture aux textures riches et variées : la beauté et l’harmonie des couleurs que l’artiste mélange sur sa toile.

Richet : l’art et la matière

Jean-Louis Richet est un artiste sétois qui crée des sculptures à partir de toutes sortes de pièces métalliques de récupération. Il imagine des œuvres originales, uniques en leur genre, dont la touche sensible et l’élégance ravissent l'oeil. Il enchante ce monde avec les pièces détachées et les objets laissés pour compte de ce monde désenchanté.

Jean-Louis Richet va dans son atelier pour sculpter, souder, dessouder, comme d'autres vont à confesse. De ces vieilles faux récupérées dans les brocantes ou au fin fond des campagnes, il fabrique un superbe trois-mats, de ce tas de ferraille et de ces vieux ressorts trouvés dans les greniers, surgit alors, par la magie de son imagination créative, de superbes chimères, animaux mythiques doués d'une expression saisissante, de ces vieux engrenages issus des réveils d’antan il confectionne un cœur d’une étonnante modernité.

Grand admirateur de Giacometti et de Calder, Jean-louis Richet a su s’émanciper de ses grands inspirateurs pour trouver une voie qui est propre en île singulière.

Jean-Louis Richet expose rarement. Il travaille d'abord pour son plaisir. Mais n'hésitez pas à le contacter. Ce grand talent dont la modestie force le respect est toujours accueillant et heureux de vous monter ses réalisations. Si l'une vous séduit vraiment, il sera toujours temps de lui faire une proposition pour l'acquérir.

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. -Tél. : 04 67 18 91 96 ou 06 18 69 78 28

     
     

Peintures de Sylvie Dedet : l'art et la patience

 

Sylvie Dedet est une artiste peintre résidant à Cournonterral. Elle se consacre à son art depuis trois décennies. Poursuivant inlassablement et méticuleusement ses recherches, elle s’attache plus particulièrement à conjuguer diverses combinaisons chromatiques, dans un souci d’exigence esthétique mais aussi par un besoin impétueux de « nécessité intérieure ». La couleur ne répond pas seulement et simplement à quelques règles physiques de la lumière sur une matière et une surface, elle agit aussi sur le peintre comme un révélateur, comme une résonance de son univers spirituel et psychologique.
Pratiquant la technique exigeante de la peinture à l’huile, Sylvie Dedet est restée fidèle à certains choix picturaux : le paysage, les saisons, la nature morte... Mais au cours de ses années de travail intense, elle les a abordés de différentes façons dans le domaine de la couleur, passant par une période verte, puis or, rouge et bleue, couleurs savamment agencées et longuement réfléchies en harmonies et contrastes. Son art traduit de façon fort édifiante un univers quelque peu idyllique et semi-naïf au lyrisme séduisant.
Exposition des peintures de Syvie Dedet du 6 au 15 octobre 2017 à la galerie de la chapelle 22bis rue de la chapelle à Cournonterral
M. P.

Christine Busso - Le trait, la couleur et la matière

Le peintre porte en lui son univers poétique, qu’il doit d’abord découvrir lui-même tout en acquérant les techniques, le métier, lui permettant de le rendre visible. Loin de toute influence, dans la solitude de son atelier, Christine Busso s’est consacrée à cette introspection et à l’élaboration d’une oeuvre riche et unique, qui porte de toute évidence les signes essentiels caractérisant les créations solides et originales : celles de la variété, de la cohérence et de la sincérité. Son oeuvre frappe d’entrée par ce sentiment de fragilité et de préciosité. De riches et subtiles harmonies de couleurs, soyeuse comme des tissus orientaux, séduisent par leur charme discret mais non moins affirmés. 

La maîtrise de la couleur est une des caractéristiques de cette oeuvre. Tout en subtiles harmonies, ces compositions offrent au regard une large palette, comme si l’artiste s’était méthodiquement attelée à percer les mystères des différentes résonances des combinaisons colorées les plus délicates et raffinées. Une peinture est une somme de contrastes et d’harmonies, tant en ce qui concerne le trait que la couleur, l’équilibre ou non des deux détermine l’effet de l’ensemble, de la douceur à la violence. Aucune impétuosité ne surgit de ces peintures toutes en douceur, élégance et délicatesse.

Le dessin, discret mais indéniablement présent évoque plus qu’il ne décrit et précise. Il laisse apparaître un univers mythique, parfois mystique, où chacun pourra deviner personnages ou animaux selon la perspicacité et l’imagination mises au service du regard. Christine nous a laissé quelques pistes d’interprétation avec les titres et les références. Mais comme elle même s’est laissée sans doute porter dans son élan créatif, par l’intuition, le spectateur doit promener sur l’oeuvre sa propre imagination. On ne «lit» pas une peinture, on se laisse envahir, posséder, comme on peut le faire à l’écoute de la musique, surtout du jazz, lorsqu’on se laisse «embarquer» par l’improvisation et le feeling. Mais le temps toutefois différencie ces deux disciplines, autant le jazz est l’art de l’immédiateté, autant la peinture, et en particulier celle de Christine, s’inscrit dans le temps, la méditation. Le support privilégié est le papier, différentes sortes de papier, de grammage de grainage, de consistance, souvent de petit format, comme pour ne rien laisser au hasard, tout maîtriser dans cette alchimie, dans cette magie de mélange de techniques. Car sur le même support elle utilisait autant l’aquarelle, la craie d’art, la peinture à l’huile, l’acrylique, et ceci pour un résultat homogène et cohérent.

Christine Busso s’est probablement «engagée» en peinture comme elle aurait pu le faire pour une expérience spirituelle. Krishnamurti déclarait : «J’affirme que la Vérité est un pays sans chemin, et qu'aucune route, aucune religion, aucune secte ne permet de l'atteindre...  La Vérité ne peut être mise à la portée de l’individu, c'est à l’individu de faire l'effort pour monter jusqu'à elle.» L’individu est ainsi condamné à la solitude et à l’introspection, mais aussi confronté à sa richesse et à son originalité, qu’il peut transmettre et offrir.  
Christine Busso est décédée en décembre 2008. Sa mère Marie-Claude, demeurant à Sète, a alors découvert ce travail étonnant et s’est engagée à le faire connaître en organisant des expositions à travers toute la France. C’est dans la galerie de la chapelle des pénitents de Cournonterral qu’elle le présentera prochainement. Un site a été créé et un catalogue devrait prochainement paraître.

M. P.

Evelyne Tschirhart

Peintures, photographies, littérature


Née à Paris, Evelyne Tschirhart vit dans le département de l'Hérault depuis 14 ans.
Peintre de formation et professeur d'arts plastiques, Evelyne Tschirhart a aussi enseigné le français dans un Institut de langues étrangères à Pékin, pendant deux ans et demi, avant d'exercer de nombreuses années dans un collège de la région parisienne.
Artiste aux talents multiples, elle a à son actif de nombreuses expositions en région parisienne et en Languedoc.  Elle est aussi l'auteure de nombreux livres dont plusieurs, publiés dans de grandes maisons d'édition, ont été remarqués et faits l'objet de critiques élogieuses.

 


Paysage de Montagnac – huile sur panneau 2010
  
Domaine à Servian        Cirque de Mourèze     Portraits de Rose         Pezenas - (huile sur toile 2008)
 

"Ma peinture (à l'huile) est figurative et s'exerce dans les domaines du paysage, de la nature morte et du portrait. La peinture est exigeante, elle demande travail, discipline et modestie. Si elle se soumet au réel, à l'objet présent, elle essaie de révéler une intériorité, une vie qui l'arrache au temps. La photographie me permet de saisir le réel pour lui donner une dimension onirique grâce au mixage avec la peinture, la gravure ou des matériaux comme le plastique. Au cours de promenades ou de voyages, le photographe sélectionne ce qui l'attire et en fait son miel. Ce qu'il dérobe au réel est ensuite retravaillé, remis en perspective pour aboutir à un univers parfois insolite mais où la recherche de la beauté est toujours présente. C'est dans cet esprit que s'inscrivent les travaux mixtes." - Evelyne Tschirhart

 

Passionnée par les paysages de l’Hérault qu’elle arpente avec son appareil photo, E. Tschirhart a conçu l’idée de réaliser une série sur les ceps de vigne qui présentent des formes intéressantes, parfois insolites, souvent torturées et riches en textures et matière. Les photos en noir et blanc ont été détournées de leur sens anecdotique pour être intégrées dans un champ différent où la couleur et les effets de matière exaltent leurs formes et les transforment en personnages fantasmagoriques.

Série les ceps de vigne (photo/peinture)

E. Tschirhart aime travailler par séries car la répétition permet de jouer infiniment sur un sujet et de le multiplier sans qu’il ne soit jamais identique, comme dans les Portraits chinois ou les Médée où la même statue revêt différentes apparences.

Série les Médée (photomontage sur papier)

Portraits chinois photo/peinture

La série des architectures à Singapour a donné lieu à un travail de transformation de la couleur, de solarisation de recadrages visant à rendre ces architectures énigmatiques.


Singapour la Sublime (exposition 2016)

Celle des « transparences » est un travail particulier sur le verre quand il est exposé à la lumière.  "Ces transparences ont le verre épais des bouteilles dans la lumière du matin. Elles laissent entrevoir des paysages incertains où minéraux et végétaux semblent habiter un monde fermé, bombé, souterrain, tantôt lumineux, tantôt obscur. La photographie invite à l’exploration de cet univers où l’imagination se condense et se fixe comme des perles d’eau et fait surgir des visions étranges d’eaux dormantes sur des lits caillouteux.


Transparences (2015)

Livres

  • Deuxième retour de Chine (en collaboration avec Jacques et Claudie Broyelle) Le Seuil 1979
  • L’école à la dérive, éditions de Paris Max Chaleil 2004
  • Des élèves malades de l’école, éditions de Paris Max Chaleil 2012
  • Le tranchant de la lumière (roman) éditions Terra Cotta 2013
  • L’école dans les séries TV françaises –Miroir de notre décadence, éditions Tatamis 2014

Livres de photos:

  • Les parapluies de Lodève éditions Flam 2012
  • Serres et plastiques, éditions Flam 2013
  • Transparences, éditions Flam 2014
  • Les platanes, éditions Flam 2014
  • Singapour la Sublime, éditions Flam 2015
  • Sido et autres histoires de chats, éditions Flam 2017

La "mémoire vive" de Nissrine Seffar

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L'Echappée Belle, exposition "Réparation"
Sète, France, 2016

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Exposition "les traces du temps" Beijing Zhonghe Museum of Fine Arts, Pékin, Chine.

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Dessins et impression rehaussées sur peau de vache,
"immeubles détruits", 2015..
Tapis de prière musulmane, bouteilles de propane, peinture de carrosserie, 2016.

 

Le regretté Paul Ricœur, philosophe qui a beaucoup travaillé sur la mémoire et l'Histoire, aurait pardonné que l'on ne retienne de sa pensée qu'un aspect, mais l'expression symbolique de ses travaux, "la mémoire vive", peut être évoquée pour la démarche de la plasticienne sétoise Nissrine Seffar. Elle donne à voir, par des œuvres artistiques, ces épisodes pleins de bruit et de fureur qui ont marqué l'histoire contemporaine et les brûlures de notre présent.

Nissrine Seffar vit à Sète et c'est dans un atelier d'artiste de l'ancien collège Victor Hugo qu'elle s'inspire des traces laissées dans les mémoires par les drames de l'époque contemporaine. M. Gilbert Ganivenq a favorisé l'installation de celle qui active les braises des brûlures de l'Histoire, évitant qu'elles ne soient recouvertes par les cendres de l'oubli. A Montpellier, en août 2016 à la galerie Saint Ravy, elle avait présenté un travail évoquant les dangers actuels de la Méditerranée et le drame des migrants. Depuis, elle a exposé à Genève, résidé un mois au couvent des Récollets à Paris, maison d'architecture-résidence d'artistes. Elle était présente à Marrakech lors d'un colloque sur le réchauffement climatique. Et elle se rendra au delà des Pyrénées à l'invitation de l'Institut français de Madrid pour présenter, à l'occasion du 80ème anniversaire du bombardement de Guernica, une exposition qui tournera ensuite à Séville et d'autres lieux en Espagne. Du 20 avril au 20 mai seront présentées sur 250 m2 des œuvres différentes (dessins, fusains, bois brûlés) et une œuvre majeure sur Guernica.

Bien sûr, il y a eu le tableau de Picasso, cette arme de fort calibre contre la barbarie nazie produite par un artiste exceptionnel. Mais les grandes œuvres peuvent être revisitées par un artiste qui porte sur l'évènement un autre regard. N. Seffar est allée à Guernica, a vu cette agglomération paisible aujourd'hui, a vu le chêne de la nation basque tordu, déjeté, brûlé plus qu'à demi. Elle a lu et réfléchi. Et elle présentera au public cette œuvre monumentale de 7,77m x 3,49m. Les explosifs largués par les vagues de Heinkels 111 ont attenté à la nature, au chêne comme à tous les arbres. Ces bombes ont voulu anéantir l'enracinement basque. Elles ont tranché, déchiqueté les corps. Il fallait témoigner de ce surgissement de Mal dans toute sa hideur. Il fallait marquer la trace dans le temps. Mais à Guernica, la guerre civile, le second conflit mondial, les drames d'aujourd'hui composent une sombre fresque répétant sans fin des motifs d'horreur. Certes, pour Nissrine Seffar, le présent est Renaissance, ouvrant les portes du futur. Mais "le monde n'a jamais été sans guerres". Les hommes n'apprennent-ils jamais rien ?

Sommes-nous condamnés au long tissu de meurtres et de massacres qu'évoquait Paul Valéry parlant de l'Histoire ? Peut-être pas si, comme N. Seffar, les artistes témoignent, entretenant la "mémoire vive".

Hervè Le Blanche

 


Nissrine Seffar à Madrid " Guernica , huella "
peintures, volume, dessins et photos en hommage à la célèbre toile de Picasso.