Elle s’appelle Faïza

 Elle a de beaux yeux noirs en amande, bordés de khôl. En la regardant, on pourrait se croire dans un conte des mille et une nuits....

Mariée à un français d'origine marocaine, Faïza (1,2) arrive en France en 2002, où elle a envie de vivre en femme libre. Mais pas de chance : son mari est alcoolique... Il a des sautes d'humeur, perd son travail, la bat.
Alors Faïza, pétrie de honte se sauve, obtient le divorce et perd en rompant son mariage le titre de séjour obtenu comme conjointe de français.
2004...2005...2006... C'est la galère.
D'hébergement d'urgence en logement précaire, ballottée d'un foyer charitable à un autre au gré de la tolérance du chef de famille, elle peine à conserver son beau sourire.
Les petits boulots, même mal payés se font de plus en plus rares au fil du temps qui passe.
D'année en année, les demandes de régularisation sont déposées sans succès auprès de la Préfecture qui lui refuse obstinément le droit au séjour, malgré les longues années passées à Sète auprès de sa sœur qui y réside.
2007...2008...2009...Le temps s'écoule, la galère encore et les procédures.... Faïza est toujours sans papiers.
C'est alors qu'elle fait une jolie rencontre: le monsieur n'est plus très jeune, c'est vrai, mais il est gentil. Elle est douce et bonne cuisinière. Ils décident d'officialiser leur union et les bans sont publiés. Hélas Faïza n'a décidément pas de chance : le futur époux succombe à un infarctus quatre jours avant de conduire sa promise devant Monsieur le Maire !
Pendant quelques mois pourtant, la vie avait enfin semblé sourire à Faïza ...
2010... 2011... 2012... 2013... Voilà qu'un « ami » propose de rendre service à Faïza : « Si tu veux, je peux t'aider, on se marie et tu pourras avoir des papiers ».
Plus de dix ans passés à demander une régularisation qu'on ne lui accorde pas, dix ans de désespoir, une vie qui n'en est pas une : la proposition est tentante et Faïza n'y résiste pas longtemps. Elle possède quelques économies amassées jour après jour, et ne trouve pas grand chose à objecter aux demandes de compensation financière qui lui sont faites par cet homme (mais peut-on encore l'appeler un homme?...) qui profite si lâchement de son désarroi.
Il ne reste bientôt plus rien du maigre pécule de Faïza lorsque, est-ce un hasard, le couple est convoqué par la Police pour suspicion de mariage blanc 2.
Là, tout va très vite : l'ex futur marié est évacué par une porte, tandis qu'on fait sortir Faïza par une autre, munie d'une décision d'expulsion du territoire en bonne et dûe forme vers un pays qu'elle a quitté il y a plus de dix ans.
La sanction pour elle est immédiate et aucun procès verbal de sa déposition ne lui sera remis.
Le faux ami quant à lui a disparu dans la nature, sans être inquiété le moins du monde.
Nous avons accompagné Faïza à l'aéroport, en silence, et nous avons attendu avec elle l'heure de l'embarquement.
Un dernier geste du bras levé, un dernier baiser envoyé de sa main, et Faïza a disparu dans la file des voyageurs, escortée par un policier ému.

Il y a quelques jours, Faïza est morte.
On l'a trouvée dans son lit au petit matin, dans la maison de son frère qui l'avait recueillie à son retour au pays.
Elle s’appelait Faïza. Elle avait de beaux yeux noirs en amande, bordés de khôl.

Janine Léger

1- Le prénom a été changé /2- Mariage de complaisance 

Et si MMM montrait le chemin... : réactions

  Et si MMM montrait le chemin...

Les dirigeants nationaux ne voient plus  les  signaux émis par le peuple ou bien ne veulent pas en tenir compte. Les tensions ne peuvent donc que croître.

Les syndicats ne sont pas en mesure d’arrêter la marche du temps mais ce n’est pas en refusant le dialogue qu’un gouvernement  peut faciliter l’adaptation du système social à son environnement.
L’Europe est une avancée pour la paix mais on ne peut nier les régressions sociales qu'elle apporte sous sa forme actuelle ni son  impuissance face aux problèmes des migrants. Ce n’est pas en accusant l’extrême droite de fascisme qu’on peut gommer ces problèmes et rejeter une part importante du pays qui trouve dans le FN une manière d'exprimer son mécontentement ou ses frustrations.

La professionnalisation de la politique  ayant bloqué le jeu démocratique, les électeurs n’utilisent leur bulletin de vote que pour sanctionner les sortants. Ceux là qui à peine élus trahissent leurs promesses, savent d’ailleurs à quoi s’en tenir : tous les 5 ans, l’Elysée déploie une activité intense pour recaser le personnel surnuméraire du pouvoir en place.

Si les français n’attendent plus rien des politiciens qui ont colonisé le système, cette situation  ne peut durer indéfiniment. La rupture interviendra tôt ou tard. La seule question qui se pose est de savoir quand. Mais alors que faire pour éviter le pire ? Que faire pour que les citoyens retrouvent la maîtrise de leur futur ?

Les politiques doivent humblement reconnaître leur incapacité à régler par les problèmes qui sapent notre société. Ils doivent aussi admettre leur incompétence pour gérer l’entreprise France et laisser faire ceux dont la gestion est le métier. De Gaulle ou Churchill n’étaient pas des contrôleurs de gestion ni des experts-comptables. Les politiques doivent se recentrer sur les projets de société et sur  la refonte des règles du jeu. Leur rôle est de fixer le cap au pays, d’être visionnaires et d’écouter le peuple.

Pour sortir de la pensée unique, la liberté d’expression doit être fortement encouragée. Le débat d’idées doit prendre le pas sur la rhétorique. L’information doit  être totalement  libre  et ne pas être un outil de propagande qui permet au pouvoir de manipuler l’opinion. Elle doit être le moyen qui permet de prendre les bonnes décisions.

Le parlement lui-même mériterait d’être réformé car il n’est plus représentatif de la réalité socio-professionnelle du pays. Il  gagnerait à être complété par des structures vraiment à l'image de la population en faisant appel au tirage au sort, seul système réellement démocratique.

Le succès de formes alternatives de l’expression populaire comme les pétitions ou les débats organisés sur les réseaux sociaux de l’internet montre  bien que la population n’a pas démissionné. Mieux, elle aspire à renouveler les pratiques citoyennes.

Confronter des opinions contraires et permettre le dialogue entre les adversaires est la seule voie pour rapprocher les points de vue, réduire les antagonismes et retrouver une cohésion sociale. Faute de quoi, les tensions continueront de s’accumuler et à terme, la rupture n'en sera que plus traumatisante.

A compter de janvier 2017, Montpellier Méditerranée Métropole exercera de nombreuses nouvelles compétences sur l'ensemble de son territoire. Nos élus de terrain sont pragmatiques, ils sauront sortir des débats de façade qu’on nous sert lors des campagnes électorales nationales, avec des candidats qui récitent leur programme ou leurs  promesses à toute question posée.

Au-delà des querelles de chapelles, nos représentants communautaires sauront-ils dépasser les manœuvres politiciennes et penser avant tout à l’essentiel : l’avancée des idées et des projets au profit du territoire.

La confrontation comme mode d’action politique étant peu productive,  sauront-ils mettre la participation au cœur du système ?  Sauront-ils  impliquer les hommes et les femmes à la construction de leur cadre de vie dans toutes ses dimensions ?

Montpellier Métropole et sa culture créative se confirmera-t-elle comme lieu d’innovation politique avec un système organisé qui permette que toutes les idées constructives des citoyens soient examinées de manière efficace, d’où qu’elles viennent, sans exclusive partisane ni censure ?
 Les citoyens sont bien plus inventifs et intelligents que ne le croient nos élites nationales, prouvons-le au plan local.

Jacques Carles

   

Les réactions à l'édito : Et si MMM montrait le chemin


J’avoue ne pas comprendre en quoi le tirage au sort est démocratique. On ne peut quand même pas gérer un pays comme le tirage du Loto !
Certes De Gaulle n’était pas expert-comptable, mais il s’est imposé par ses qualités (qui peuvent être discutées, bien sûr) et n’a pas été tiré au sort. Qu’il faille réformer nos institutions, c’est une certitude, la Vème, les scrutins à deux tours, les fausses majorités dans toutes les assemblées élues (parlementaires, municipales, départementales, régionales) tout cela doit changer. Mais tirer nos représentants au sort… Autant prendre des décisions au 421 !- Daniel Pesch

Sur le tirage au sort pour désigner les représentants du peuple, voir le débat : le tirage au sort pour plus de démocratie

Merci pour cette analyse aussi pertinente de la politique, du moins celle que conçoivent ceux qui ont été élus par le peuple Français. La professionnalisation de la politique a perverti tout ce que nous avaient transmis les grecs lorsqu’ils élaborèrent voici 2500 ans le système de la démocratie.
C’est, il faudrait parfois le rappeler, comme l’a dit Abraham Lincoln « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». On l’a bien oublié et la pensée unique a transformé la liberté d’expression en rébellion.
Que reste-t-il de ce système merveilleux qui désignait par tirage au sort les Archontes athéniens (qui désignaient aussi par tirage au sort les Héliastes) chargés de l’administration de la cité et dont les charges étaient remises en question chaque année. Ce n’est pas notre République Monarchique qui s’en souviendra.
Vous êtes par contre bien optimiste quand au dépassement des manœuvres politiciennes habituelles par les élus de notre territoire quand il s’agira de construire la nouvelle agglomération, produit de la fusion de Thau Agglo (CABT) et de la CCNBT. Jusqu’à ce jour ce n’est pas l’image qu’ils nous ont donné. - Pierre Josse

 

J'ai lu avec attention votre article sur le futur de notre pays, vous définissez non seulement la nécessité d'une nouvelle république et donc d'une nouvelle constitution équilibrée avec un réel pouvoir parlementaire mais aussi de nouvelles gouvernances locales.
Si l'Etat ne peut pas tout, il doit malgré tout assurer les grands équilibres sociaux de notre Nation, l'économie de marché reconnue doit elle aussi être au service de l'économie réelle et ne pas essentiellement axer son activité sur le profit à tout prix et celui de quelques uns.
Vous savez que je mène sur le bassin de Thau avec d'autres des actions autour de la thématique "l'eau bien commun universel, n'est pas une marchandise", vous voyez comment il est difficile de faire tomber les digues et ébranler l'édifice de dizaines d'années de pouvoirs locaux établis quelle que soit la tendance politique des uns et des autres. Nous ouvrons avec nos moyens et les bonnes volontés citoyennes des portes et traçons un chemin, l'issue est peut être dans cette expérience extraordinairement émancipatrice et porteuse d'éducation populaire et surtout fédératrice. - Henri LOISON

Si les dirigeants nationaux ne voient plus les signaux émis par la plus grande partie de leurs concitoyens, c’est peut-être parce qu’ils ne sont pas conscients de la vitesse avec laquelle notre monde évolue ou, s’ils en sont conscients, parce qu’ils pensent que leur rôle est d’en atténuer les effets auprès des populations, dans une sorte de paternalisme infantilisant.
A ceci s’ajoute à la fois la crise de la représentation, bien décrite depuis plusieurs années, et la difficulté de recueillir les avis des citoyens qui, confrontés à leurs inquiétudes, n’ont ni le goût ni le temps d’entreprendre la recherche difficile des informations fiables nécessaires à une appréhension correcte des questions complexes qui se posent en quantité aujourd’hui.
Des organisations ou des personnalités tentent d’aborder le problème. La « toile » peut sans doute permettre de résoudre en partie ce problème de la mise à disposition des informations.
En même temps que cette demande d’informations, s’exprime de manière diffuse le souhait encore vague et imprécis d’être écoutés, sinon entendus, qui pourrait cependant se transformer un jour en exigence car les modalités actuelles de recueil de l’avis des citoyens - par sondages ou par référendum - s’avèrent peu satisfaisantes. Des responsables politiques l’ont senti, proposant par exemple une forme de démocratie « participative » dont les contours restent à préciser.
Mais la tendance croissante à l’individualisme décourage les initiatives collectives d’autant plus que les réseaux sociaux se substituent aux assemblées, risquant cependant de favoriser une expression incontrôlée dont les défauts apparaissent à l’évidence.
Il faut reconnaître que, aussi bien dans le traitement des informations que dans le recueil des avis et des propositions nous manquons d’outils et surtout de savoir-faire.
Il peut sembler vain de vouloir aborder les problèmes collectivement alors qu’il est plus facile, en apparence, à tout un chacun de de choisir de n’avoir pas d’idée, ou, au contraire, de se faire des idées sur tout et n’importe quoi, en fonction de systèmes de valeurs très personnels.
Outre une méfiance de plus en plus grande envers les décideurs, il en résulte une grande ignorance de la complexité des questions importantes, qui amène à des jugements sommaires, des prises de position caricaturales traduisant un scepticisme désabusé. « Tout se vaut (relativisme) ou rien n’a de valeur (nihilisme) ».
L’approche collective présente cependant l’avantage de pouvoir donner à tous les informations adéquates et surtout de permettre l’expression de chacun. Encore faut-il ajuster le niveau de l’information à la capacité d’appréhension du groupe et élaborer la méthode facilitant l’expression de tous et particulièrement de ceux qui n’ont pas l’habitude de s’exprimer devant un groupe, par pudeur, par timidité ou par crainte d’être mis en difficulté.
Dans cet esprit, on peut imaginer des sortes « d’instances de réflexion » (coopératives ? participatives ?) dont l’intérêt pourrait être, outre le travail sur un sujet donné, d’élaborer une méthodologie réutilisable par d’autres, en d’autres lieux.
Elles seraient destinées à sensibiliser sur de grandes questions souvent à peine entrevues par le grand public et surtout sur leurs conséquences prévisibles sur la vie de tous les jours leur plus grand intérêt étant de pouvoir recueillir des avis argumentés.
Mais qui peut prendre de telles initiatives, sans risquer de se faire soupçonner de manipulation ou d’embrigadement ? Qui peut affirmer pouvoir conduire ce genre d’opération en toute objectivité ? Comment y attirer ceux à qui cela serait le plus nécessaire ?
Ces questions étant posées, resterait à définir les sujets à aborder et le fonctionnement interne, dans le plus grand respect de la parole de chacun des participants, dans la mesure où chacun devrait pouvoir conduire ses démonstrations en toute liberté, ne cherchant cependant ni à convaincre à tout prix ni à déclencher des polémiques.- - Maurice Bouchard

 

Je vous cite : "Le parlement lui même mériterait d’être réformé car il n’est plus représentatif de la réalité socioprofessionnelle du pays. Il gagnerait à être complété par des structures vraiment à l'image de la population en faisant appel au tirage au sort, seul système réellement démocratique."
J’avoue ne pas comprendre en quoi le tirage au sort est démocratique. On ne peut quand même pas gérer un pays comme le tirage du Loto !
Certes De Gaulle n’était pas expert-comptable, mais il s’est imposé par ses qualités (qui peuvent être discutées, bien sûr) et n’a pas été tiré au sort. Qu’il faille réformer nos institutions, c’est une certitude, la Vème, les scrutins à deux tours, les fausses majorités dans toutes les assemblées élues (parlementaires, municipales, départementales, régionales) tout cela doit changer. Mais tirer nos représentants au sort… Autant prendre des décisions au 421 ! - Daniel Pesch

N.D.L.R. : sur le débat de la désignation des représentants du peuple par tirage au sort : voir un précédent édito et les commentaires qu'il a suscité : "Le tirage au sort pour plus de démocratie?)

Bonnes paroles certes, mais petite erreur fatale : la France n'est pas une entreprise que des " experts " pourraient gérer en " bon père de famille " ! C'est une formation sociale, historique et culturelle.
Quels sont ces experts, qui les choisira, quelles sanctions en cas d'erreur ? cf. Le nucléaire, les pollutions, les inondations...
Au niveau économique la France est une société de classes antagonistes. D'un côté les propriétaires des moyens de production, sol, machines, brevets. Et de l'autre la masse des " employés ", 85% de la population. Leurs intérêts sont contradictoires : c'est le partage de la valeur créée par le travail entre les propriétaires et les travailleurs.
Désolé de devoir répéter ces banalités de base. C'est la dernière fois que je le fais.
Le système électoral ne rend pas compte de cette donnée fondamentale. C'est l'argent, la corruption, la maîtrise des médias, les fausses promesses qui déterminent le résultat. Et l'écoeurement des électeurs floués conduit inexorablement à l'abstention et à la violence. Voilà le fond du problème.
Une seule solution, l'autogestion généralisée. - Christian DURAND

Le jour d'après

par Yves Marchand

L’espoir peut conduire soit à mettre en accord ses convictions avec un projet de vie en société, soit à renoncer à ses convictions avec un projet d’isolement. Pour sortir de son mal-être, on peut s’affirmer ou se renier. A la démocratie d’en décider.
Les Etats-Unis ont fait le choix de l’exclusion.
Comme toujours, lorsque le pouvoir ne suscite ni envie, ni enthousiasme, le peuple se tourne vers celui qui flatte ses ressentiments, épouse ses aversions et lui offre des solutions simples. Celui ou celle que le peuple choisit fait preuve de tous les excès possibles de vocabulaire et de comportement. C’est ainsi qu’on le veut.
Se montrer vulgaire, outrancier, cynique, calomnieux ou injurieux n’a plus rien de choquant ou d’inapproprié. Promettre l’impossible devient possible. Flirter avec la bassesse devient de la franchise. Railler les imperfections de l’autre devient de l’humour. Le mal devient le bien. Les valeurs sont inversées. Le peuple en a ainsi décidé.
L’homme providentiel – il en est de même pour la femme – Messie sorti du caniveau, est intouchable.
Le phénomène qui lui permet d’être « celui qui doit être là au bon moment » n’est pas un phénomène spontané. C’est un phénomène à évolution lente dont les prémices se révèlent dans l’expression des humoristes et des cinéastes. Lorsqu’est écartée la finesse de la suggestion au profit de la vulgarité et de la description obscène, le peuple, libre des entraves que lui imposaient la vie en société, est prêt à faire confiance à celui ou à celle qui parle un langage sans fard, décrété être celui de la vérité.
Au tréfonds de chacun de nous existe ce sentiment qu’il faut, à un moment donné, laisser se manifester nos tendances profondes. On est alors prêt de confondre franchise et brutalité.
Lorsque l’évolution de la société en est à ce point, le peuple est mûr pour s’offrir le veau d’or qu’il convoite secrètement. Et puisque la démocratie lui en donne une superbe occasion, il ne s’en prive pas.
Malheur à celui ou à celle qui, dans ce maelstrom des moeurs, s’en tient à la sagesse, à la raison, au tact, à l’urbanité, à la politesse et au respect de l’autre. Il n’y a apparemment pas de place pour lui.
Sauf que tout cela n’est qu’un rêve pour les uns, un cauchemar pour les autres, le fruit d’une imagination sans autre fondement que les fantasmes provoqués par la déception.
Même s’il est bien réel, le résultat de ces fantasmes, n’a aucune chance d’offrir le résultat escompté. Sous prétexte de déception, on ne saurait adopter la brutalité, le rejet, l’exclusion comme modèles de vie en société et renoncer au progrès majeur de civilisation que l’humanité a mis des siècles à accomplir : la tolérance, l’humanisme, le respect des autres.
C’est une tentation courante, depuis la nuit des temps.
Certains régimes ont proposé cette alternative vicieuse. Avec l’assentiment du peuple, ils ont fait illusion puis se sont effondrés en ne laissant derrière eux que des ruines.
La France est confrontée à ce choix. Elle peut céder au pire. Elle doit savoir ce qui l’attend. Celui qui accepte de jeter à bas tout ce qui a fait sa culture, son éducation, sa tradition, ses principes et ses valeurs, s’expose à un avenir pire que celui qu’il voulait éviter. Il n’y a pas d’exception.
Encore faut-il que l’on offre au peuple rongé par le ressentiment, l’aigreur et la vindicte, un discours d’espoir dans le respect à la place du discours d’espoir dans le mépris.
Pour l’instant c’est le discours de mépris qui crée l’espoir. Et s’il n’y a pas d’alternative au mépris pour susciter l’espoir, ce sera la négation de notre idéal.
Il ne nous restera alors que les regrets de l’abstention ou le remords de la mauvaise action.

Éros et Thanatos

Le foulard irisé flotte aux cheveux dénoués
de la femme fée, de la femme fleur,
qui danse dans les champs et chante le printemps.

En haut d'un arbre mort, attentif, silencieux,
un grand oiseau de proie, un frère d'amertume
aux ailes repliées, aux yeux de braise froide.

Lorsque la femme passe, il laisse choir sur elle
un voile grillagé, un tissu lourd et long
accroché comme plomb à ses frêles épaules.

Étouffés rires et chants
entravés pieds dansants
effacé le printemps.

O Dieux de foi, dieux d'amour
jamais vos paroles n'eurent de piquants,
jamais vos regards ne furent détournés
de la vie libre et joyeuse.
Seuls les grands vautours dans l'ombre
tissaient les barbelés pour les corps ondulants.
Derrière vos lumières de paix
Ils dressaient les dogmes réducteurs,
Rejetaient les femmes et armaient les hommes.
Aux noms de Vous prophètes et poètes,
Ils ont coupé les ailes des oiseaux migrateurs.
Ils vous ont crucifié sur les croix de la honte
érigées par eux-même.
Ils ont agenouillé devant l'or des autels
les peuples apeurés, aux épaules courbées
sous leurs crosses de haine.
Ils ont emprisonné partout la nature et les hommes,
Ils ont vendu leurs âmes et détruisent l'esprit.

Voyez aujourd'hui glisser tel un fantôme,
le féminin voilé par les rues désolées,
et le visage dur et les yeux de violence
de ceux qui en vos noms
empoisonnent la vie, le rire et le printemps.

Lise Andréa

26 juillet 2016

Montpellier secret et insolite

Montpellier secret et insolite
Les trésors cachés de la belle languedocienne

par Marie Susplugas

Montpelliéraine de naissance, historienne de formation, Marie Susplugas a enseigné à l'Université Paul-Valéry de Montpellier. Journaliste indépendante, elle publie régulièrement des articles sur le patrimoine du Languedoc-Roussillon. Elle est également l'auteur d'une Histoire du Languedoc aux éditions Ouest-France et de Montpellier Impressions, chez Études et Communication.

"J'ai reçu ce livre. "Montpellier secret et insolite" est un ouvrage que je trouve assez complet sur les petits secrets de la ville. Il est richement illustré et la mise en page est attrayante. J'ai seulement quelques petits reproches à faire. Il n'y a pas de carte de la ville et de plan de l'Écusson dans le livre sur lesquels seraient placées les curiosités traitées dans les pages. Pour chaque curiosité on donne les adresses, mais il faut se doter d'un plan de la ville ou aller sur Google Map pour les situer. Le livre n'est pas censé être un prodige d'exhaustivité dans la liste des curiosités traitées, des éléments sont immanquablement absents comme les halles Laissac, la fontaine Font Putanelle ou la roue en pierre de la rue St Ursule, mais les éléments importants sont là, plus quelques bonus alléchants comme le restaurant la Diligence de hôtel de Varennes ou la Boite à Musiques de l'Hôtel du Palais. L'ouvrage insiste d'ailleurs sur le fait qu'à Montpellier il y a de nombreux hôtels particuliers qui cachent derrière leurs façades des trésors d'architecture et d'art appliqué, cages d'escaliers, peintures, voutes, etc. Par soucis de complétude la lecture de ce livre devrait être enrichie par la visite de ce site, bien plus exhaustif que le livre de quelqu'un qui connait bien et aime sa ville. " - Jean-Luc Drevillon. (» Amazon)