Trois fables

par Yves Marchand

L’Ecureuil et le Rat

Un écureuil primesautier
Virevoltait de-ci, de-là
D’un grand chêne à un noisetier,
Ramassant et cueillant, même hors de portée,
Tout ce qu’il pouvait transporter.
Pour fabriquer son matelas,
Il faisait attention au plus petit des glands.
Aucun d’eux ne restait en plan.

Le souci de l’économie est, dit-on, nécessaire
A qui veut être millionnaire.

Un rat, de loin, observait son manège.
Admirant du rouquin la constance éprouvée,
Il espérait pouvoir trouver
Dans la réserve du cousin
Comme une amorce de butin.
De quoi survivre avant les neiges.

Il s’approcha de l’économe.
Sans doute en flattant le bonhomme
Pourrait-il soutirer quelque denrée gracieuse
Qui, dès l’hiver, serait précieuse.

« Vous avez, Monsieur, du panache !
Vous rayonnez, moi, je me cache.
Mais de nous deux qui est meilleur,
Vous en invoquant vos valeurs
De courage et d’économie,
Ou moi, qui cherche à jouir des trésors de la vie
Sans pour autant m’évertuer
A constamment vibrionner » ?

« Certes, je me tue à la tâche,
Répondit l’animal à la queue en panache,
Mais ce que j’ai gagné m’appartient bel et bien.
Ce que vous dégustez est le fruit d’un larcin ».

La morale ne fait pas vivre.
Qui en est dépourvu se trouve plus à l’aise
Pour se dispenser de l’ascèse,
Quoi qu’on en dise dans les livres !

 

La fourmilière

Depuis des mois déjà, c’était l’effervescence
La fourmilière était en transes,
On se préparait au combat.
Les tisserandes bâtissaient,
Les ouvrières transportaient.
Dans les allées royales, on voyait des soldats.

Les galeries bruissaient de rumeurs inquiétantes
Et pourtant du dehors, pas un signal d’alerte,
Que des nouvelles apaisantes.
Les guerres étaient loin. La paix semblait offerte.

Mais l’ennemi était partout.
Au plus haut de l’Etat, il n’y avait qu’un pion.
Le pouvoir n’était plus qu’un sombre fourre-tout
De complots s’ourdissant sous les sceaux de champions.

Pour faire taire les critiques,
Il fallait adopter une thérapeutique.
Les Etats-majors consultèrent
Et se dotèrent des primaires.

Le traitement choisi devait être fameux.
Il fut digne d’un rebouteux !
Chaque camp s’en remit aux discours des caciques
Aguerris à la rhétorique.

Les fourmis, qui devaient voter,
Se prirent à plébisciter
Dans le plus grand secret, selon leur bon vouloir
Ceux qui se proposaient d’abattre le pouvoir.

Rien ne pouvait dès lors suspendre le final.
La potion s’avérait un remède létal.
Ils n’eurent alors plus, pour seule alternative
Que charlatan tricheur et gai godelureau.
Aucun autre moyen qui les prive
Du juste choix de leur bourreau !

Le peuple a ses raisons que la raison ignore.
Il demeure loyal pour autant qu’on l’honore,
Et ne connaît qu’une logique :
Rien ne doit entraver la voie démocratique.

 
   Les étourneaux

Une escadrille d’étourneaux
Avait pris pour cible une vigne.

Contrairement à des moineaux,
Ils pouvaient de très haut découvrir sur ses lignes
Des grappes de raisins promettant le régal
D’un banquet n’ayant rien d’un déjeuner frugal.

Ils écrabouilleraient de leurs becs les pépins
Et se régaleraient en joyeux galopins.

Amassés dans les nues, prêts à l’atterrissage,
Ils viennent s’affaler en un sombre nuage
Sur les sarments porteurs de pulpes savoureuses.

Mais que se passe-t-il ? Ainsi qu’une amoureuse
Effarouchée par son audace,
Ils s’envolent soudain, comme sous la menace,
Pour aller se poser sur la vigne jumelle.

Ces volatiles sans cervelle
Qui portent bien le nom de leur infirmité
Développent leur don de l’uniformité.

Ils se ruent sur l’étrange ou sur le fantastique
Avec une ardeur frénétique.

Emportés par leurs jeux fugaces,
Tout les attire, un rien les chasse.

On croit souvent qu’ailleurs de plus beaux paysages
Offrent aux envieux de plus verts pâturages.

Les étourneaux s’y laissent prendre.
Comme la plupart des gogos
Ils ne s’en tiennent qu’aux ragots,
A l’apparence et au clinquant,
A tout ce qui peut surprendre
Pourvu que ce soit suffocant.

Ils vont et volent à tire d’aile,
Vers n’importe quel horizon,
En n’importe quelle saison
Sans jamais se montrer rebelles
Aux tricheurs et aux charlatans,
A tous ceux qui sont épatants.

En croyant accéder au rang de baronnets
Ils demeurent pourtant roupies de sansonnets.

Montpellier secret et insolite

Montpellier secret et insolite
Les trésors cachés de la belle languedocienne

par Marie Susplugas

Montpelliéraine de naissance, historienne de formation, Marie Susplugas a enseigné à l'Université Paul-Valéry de Montpellier. Journaliste indépendante, elle publie régulièrement des articles sur le patrimoine du Languedoc-Roussillon. Elle est également l'auteur d'une Histoire du Languedoc aux éditions Ouest-France et de Montpellier Impressions, chez Études et Communication.

"J'ai reçu ce livre. "Montpellier secret et insolite" est un ouvrage que je trouve assez complet sur les petits secrets de la ville. Il est richement illustré et la mise en page est attrayante. J'ai seulement quelques petits reproches à faire. Il n'y a pas de carte de la ville et de plan de l'Écusson dans le livre sur lesquels seraient placées les curiosités traitées dans les pages. Pour chaque curiosité on donne les adresses, mais il faut se doter d'un plan de la ville ou aller sur Google Map pour les situer. Le livre n'est pas censé être un prodige d'exhaustivité dans la liste des curiosités traitées, des éléments sont immanquablement absents comme les halles Laissac, la fontaine Font Putanelle ou la roue en pierre de la rue St Ursule, mais les éléments importants sont là, plus quelques bonus alléchants comme le restaurant la Diligence de hôtel de Varennes ou la Boite à Musiques de l'Hôtel du Palais. L'ouvrage insiste d'ailleurs sur le fait qu'à Montpellier il y a de nombreux hôtels particuliers qui cachent derrière leurs façades des trésors d'architecture et d'art appliqué, cages d'escaliers, peintures, voutes, etc. Par soucis de complétude la lecture de ce livre devrait être enrichie par la visite de ce site, bien plus exhaustif que le livre de quelqu'un qui connait bien et aime sa ville. " - Jean-Luc Drevillon. (» Amazon)