Le jour d'après

par Yves Marchand

L’espoir peut conduire soit à mettre en accord ses convictions avec un projet de vie en société, soit à renoncer à ses convictions avec un projet d’isolement. Pour sortir de son mal-être, on peut s’affirmer ou se renier. A la démocratie d’en décider.
Les Etats-Unis ont fait le choix de l’exclusion.
Comme toujours, lorsque le pouvoir ne suscite ni envie, ni enthousiasme, le peuple se tourne vers celui qui flatte ses ressentiments, épouse ses aversions et lui offre des solutions simples. Celui ou celle que le peuple choisit fait preuve de tous les excès possibles de vocabulaire et de comportement. C’est ainsi qu’on le veut.
Se montrer vulgaire, outrancier, cynique, calomnieux ou injurieux n’a plus rien de choquant ou d’inapproprié. Promettre l’impossible devient possible. Flirter avec la bassesse devient de la franchise. Railler les imperfections de l’autre devient de l’humour. Le mal devient le bien. Les valeurs sont inversées. Le peuple en a ainsi décidé.
L’homme providentiel – il en est de même pour la femme – Messie sorti du caniveau, est intouchable.
Le phénomène qui lui permet d’être « celui qui doit être là au bon moment » n’est pas un phénomène spontané. C’est un phénomène à évolution lente dont les prémices se révèlent dans l’expression des humoristes et des cinéastes. Lorsqu’est écartée la finesse de la suggestion au profit de la vulgarité et de la description obscène, le peuple, libre des entraves que lui imposaient la vie en société, est prêt à faire confiance à celui ou à celle qui parle un langage sans fard, décrété être celui de la vérité.
Au tréfonds de chacun de nous existe ce sentiment qu’il faut, à un moment donné, laisser se manifester nos tendances profondes. On est alors prêt de confondre franchise et brutalité.
Lorsque l’évolution de la société en est à ce point, le peuple est mûr pour s’offrir le veau d’or qu’il convoite secrètement. Et puisque la démocratie lui en donne une superbe occasion, il ne s’en prive pas.
Malheur à celui ou à celle qui, dans ce maelstrom des moeurs, s’en tient à la sagesse, à la raison, au tact, à l’urbanité, à la politesse et au respect de l’autre. Il n’y a apparemment pas de place pour lui.
Sauf que tout cela n’est qu’un rêve pour les uns, un cauchemar pour les autres, le fruit d’une imagination sans autre fondement que les fantasmes provoqués par la déception.
Même s’il est bien réel, le résultat de ces fantasmes, n’a aucune chance d’offrir le résultat escompté. Sous prétexte de déception, on ne saurait adopter la brutalité, le rejet, l’exclusion comme modèles de vie en société et renoncer au progrès majeur de civilisation que l’humanité a mis des siècles à accomplir : la tolérance, l’humanisme, le respect des autres.
C’est une tentation courante, depuis la nuit des temps.
Certains régimes ont proposé cette alternative vicieuse. Avec l’assentiment du peuple, ils ont fait illusion puis se sont effondrés en ne laissant derrière eux que des ruines.
La France est confrontée à ce choix. Elle peut céder au pire. Elle doit savoir ce qui l’attend. Celui qui accepte de jeter à bas tout ce qui a fait sa culture, son éducation, sa tradition, ses principes et ses valeurs, s’expose à un avenir pire que celui qu’il voulait éviter. Il n’y a pas d’exception.
Encore faut-il que l’on offre au peuple rongé par le ressentiment, l’aigreur et la vindicte, un discours d’espoir dans le respect à la place du discours d’espoir dans le mépris.
Pour l’instant c’est le discours de mépris qui crée l’espoir. Et s’il n’y a pas d’alternative au mépris pour susciter l’espoir, ce sera la négation de notre idéal.
Il ne nous restera alors que les regrets de l’abstention ou le remords de la mauvaise action.

Montpellier secret et insolite

Montpellier secret et insolite
Les trésors cachés de la belle languedocienne

par Marie Susplugas

Montpelliéraine de naissance, historienne de formation, Marie Susplugas a enseigné à l'Université Paul-Valéry de Montpellier. Journaliste indépendante, elle publie régulièrement des articles sur le patrimoine du Languedoc-Roussillon. Elle est également l'auteur d'une Histoire du Languedoc aux éditions Ouest-France et de Montpellier Impressions, chez Études et Communication.

"J'ai reçu ce livre. "Montpellier secret et insolite" est un ouvrage que je trouve assez complet sur les petits secrets de la ville. Il est richement illustré et la mise en page est attrayante. J'ai seulement quelques petits reproches à faire. Il n'y a pas de carte de la ville et de plan de l'Écusson dans le livre sur lesquels seraient placées les curiosités traitées dans les pages. Pour chaque curiosité on donne les adresses, mais il faut se doter d'un plan de la ville ou aller sur Google Map pour les situer. Le livre n'est pas censé être un prodige d'exhaustivité dans la liste des curiosités traitées, des éléments sont immanquablement absents comme les halles Laissac, la fontaine Font Putanelle ou la roue en pierre de la rue St Ursule, mais les éléments importants sont là, plus quelques bonus alléchants comme le restaurant la Diligence de hôtel de Varennes ou la Boite à Musiques de l'Hôtel du Palais. L'ouvrage insiste d'ailleurs sur le fait qu'à Montpellier il y a de nombreux hôtels particuliers qui cachent derrière leurs façades des trésors d'architecture et d'art appliqué, cages d'escaliers, peintures, voutes, etc. Par soucis de complétude la lecture de ce livre devrait être enrichie par la visite de ce site, bien plus exhaustif que le livre de quelqu'un qui connait bien et aime sa ville. " - Jean-Luc Drevillon. (» Amazon)