Courrier des lecteurs

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Libre Pensée de Montpellier et environs

Le Bureau du Groupe Victor Hugo de la Libre Pensée de Montpellier et environs, a pris connaissance par voie de presse d'une convention passée récemment entre l'Université de Toulouse I et le Centre Universitaire catholique Guilhem de Gellone (Montpellier).
Cette convention a pour objet de créer une licence en droit pilotée par l'enseignement catholique, ce qui passe par l'ouverture dès la prochaine rentrée d'une première année de licence.
Le Bureau du Groupe Victor Hugo de la Libre Pensée de Montpellier et environs, dénonce cette convention comme attentatoire à la laïcité de l'Ecole, et au principe républicain de séparation des Eglises et de l'Etat , garanti par la loi de 1905, et notamment au monopole de l'Etat quant à la collation des grades.
C'est pourquoi il interpelle la rectrice et le Préfet de la Région Occitanie, pour leur demander d'intervenir sans délai ,afin de faire annuler cette convention ,dans le plein respect de la loi de 1905.

Groupe Victor Hugo de la Libre Pensée de Montpellier et environs
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Vie associative, politique et démocratie

une réflexion de Jean-Pierre FELS suite à l'édito de Jacques Carles sur le député idéal.

Il y a des moments où l’on se pose des questions sur la maladie, la souffrance, la mort (je viens de perdre mes parents)… Dans un de ces moments, je me suis intéressé aux réflexions de Frédéric Worm. Cet homme qui n’est pas simplement un billant intellectuel (professeur de philo à l'École normale supérieure) travaille aussi avec les hôpitaux (membre du Comité national d’éthique). Il porte un regard un peu décalé sur la politique et l’époque que nous traversons. Voici ce que j’en retiens.
Tout le monde nous parle d’une crise de la démocratie, alors que la démocratie a été et est toujours malade « des maux qui ne sont pas passagers, mais constants et irréductibles. Des maladies chroniques, qui tiennent à son essence et à l'humanité même ; mais qui peuvent connaître des pics mortels. Il nous faut donc connaître et affronter ces maladies, pour revenir, non à une santé parfaite, mais à la vie humaine, avec ses créations et ses joies, dont la démocratie est une condition ».
De quelles maladies veut-il parler ? Avant tout, une violence intérieure aux relations humaines, contre laquelle la démocratie a bien du mal à lutter, face à des régressions toujours possibles. Cette violence prend des formes nouvelles accentuées par les ébranlements de l'époque : le soupçon, le mensonge ou le cynisme, renforcés par Internet ; le racisme, nourri par le terrorisme; l'ultralibéralisme, aggravé par les excès d’une mondialisation sans règles.
Pourquoi je dis tout cela ? Simplement parce que je suis convaincu que le travail bénévole que nous faisons au travers de la vie associative, de l’éducation des enfants et du soin que nous portons à notre environnement, tout cela qui ne fait pas les gros titres de la presse, est bien pourtant la base d’une vie sociale apaisée, la thérapie pour soigner les maladies chroniques de la démocratie.
Puissent nos responsables politiques le comprendre !

Jean-Pierre FELS

Le spectre du général

Nombre de candidats à l'élection présidentielle se réclament de l'action du général de Gaulle. Il semble bien que l'inconscient de certains soit hanté par la mémoire d'un des personnages importants de l'Histoire de la France contemporaine. Souvent, ils ne l'évoquent que vaguement, comme on le fait des ombres qui reviennent hanter certains lieux. La personne du général disparu devient vague, ectoplasmique, fantastique. Quelques rappels sur son action de 1958 à 1969 s'imposent.

Charles de Gaulle est revenu au pouvoir en 1958, formant un gouvernement régulièrement investi par l'Assemblée nationale. Oui, mais en usant de la menace d'un débarquement en métropole [et d'abord à Paris] de militaires combattant alors en Algérie (M. Winock, Le 13 mai 1958, Gallimard 2008). Ce ne fut pas à proprement parler un pronunciamiento à l'espagnole, mais que de bruits de bottes et de cliquetis d'armes ont accompagné l'octroi de pleins pouvoirs par la représentation nationale ! Le président élu par le Congrès en 1958 ne fut pas un caudillo, n'a pas gouverné au moyen d'une junte militaire. Mais, en 1962, il a instauré ce que de bons esprits ont appelé une "monarchie républicaine", en fait un régime où l'exécutif a la prééminence et qui fut combattu au nom de la lutte contre le "pouvoir personnel". C'est l'époque où F. Mitterrand écrivait Le Coup d'état permanent… La réforme de 1962, soumise à référendum, installait bien une forme de pouvoir personnel. Léon Noël, le président du Conseil constitutionnel de l'époque, fit part au général de ses doutes concernant le recours à l'appel au peuple. Le président du Sénat, Gaston Monnerville, parla de "forfaiture".

La part de l'indignation et de l'outrance polémique étant faite, M. le président du Sénat et celui du Conseil constitutionnel savaient de quoi ils parlaient. Le général outrepassait les principes constitutionnels et créait, tout comme les monarques d'Ancien Régime, une nouvelle source de droit. La République parlementaire à régime représentatif était court-circuitée. Le tout en agitant la menace du chaos en cas d'échec au référendum. Et le général eut son plébiscite. Il se trouva que de Gaulle était un véritable homme d'Etat qui avait le sens des intérêts supérieurs du pays. Mais tout de même, étrange démocratie que celle là. Elle eut l'assentiment de tous ceux qui rêvaient d'un "Etat fort" et d'un "homme providentiel". Etrange république qui rallia les conservateurs de tout poil, dont à Montpellier François Delmas, "le zèbre", qui ne quitta la mairie qu'en 1977. Le bon M. Delmas, porté à la mairie par la vague conservatrice que déclencha le retour de de Gaulle aux affaires, fut un honnête gestionnaire qui se trompa quand il s'agit de concevoir un urbanisme adapté au XXème siècle.

A trop bousculer les principes constitutionnels, à pratiquer un populisme digne de Bonaparte, on pave la voie à un conservatisme étroit, sinon à une "réaction" plus ample. Même l'extrême droite aujourd'hui évoque le spectre du général. Etrange campagne électorale.

Hervé le Blanche

Les Dauphins

Une fable d'Yves Marchand

C’est dans l’adversité qu’il faut choisir son guide
Demeurer vigilant sans paraître candide.

Une compagnie de dauphins
Plongeait joyeusement à la proue d’un vaisseau
Sous les yeux des marins. Dans des fonds abyssaux,
Ils poursuivaient des églefins.
Le navire-amiral fendait les océans
Sans prendre garde à son escorte.
Le pacha contemplait d’un regard de géant
La ligne d’horizon chassée par la cohorte.

Bercé par le confort de cette rêverie
Propre à donner au faible une illusion de brave,
Il négligea de voir, s’éloignant de l’étrave,
Les dauphins suspecter une piraterie.

Ces animaux marins, alertés par une onde
Qui venait de la mer ou qui venait des cieux,
Avaient abandonné leurs compagnons de jeux,
Et loin du bâtiment continuaient leur ronde.

Des dauphins, les marins avaient fui le panache.
A bord, tout l’équipage avait repris sa tâche.
On avait peu de temps avant le prochain port
Pour livrer outre-mer les produits de l’export.

Les hommes, inconscients du danger qui les guette,
Vérifient les liens et les connaissements.
Ils sont déjà demain pour partir en goguette,
Proches du bastingage et de l’appontement.

Mais une explosion suivie d’un tremblement
Les ramène au présent et secoue le cargo.
Personne n’a rien vu. Un sifflement strident
Hurle au-dessus du pont et fait fuir les oiseaux.
Aucun ordre ne vient. Les marins sont hagards.
Le bateau vogue sur son erre
A la dérive. Il est guidé par le hasard.
Perdu, sans gouvernail, il n’a plus de repère.

La passerelle est vide. Où est le commandant ?
Les hommes sont partis. Ils se cachent ou sont morts.
Pas de pilote en vue. Pas même un lieutenant.
C’est alors que, de loin, revenant sur bâbord,
Sans avoir l’air de rien, après leur escapade,
Les dauphins, de retour, reprennent leur parade.

Seul, au milieu des mers, escorté par sa garde
Le navire-amiral, tous pavillons au vent
Ne compte qu’un marin près du gaillard d’avant
Pour reprendre le cap dans l’aurore blafarde.

Ignorant les dangers, se fiant à ses guides
Il s’en remet au sort dicté par son instinct.
En saisissant la barre, il croit en son destin,
À Neptune, à la mer et à ses Néréides.
C’est à lui de fixer, pour sauver corps et âmes,
La route et les moyens de s’éloigner du drame.

Alors qu’il se dispose à mettre cap au Nord,
Le second, revenant de l’on ne sait trop où,
Juste avant d’expirer, le supplie à genoux
De virer de bord pour atteindre le Bosphore…

Le marin obéit. Mais, voyant les dauphins
S’orienter sur tribord, le nouveau commandant
Choisit de négliger l’ordre de son mandant,
Et d’opter pour leur choix en suivant leur chemin.

Ce sont eux désormais qui mèneront le bal.
Leurs moindres mouvements auront force de loi.
Ils devront définir le bon point cardinal
Et le commandement s’en tenir à leurs voix.

Les pilotes souvent de leurs voeux sont esclaves.
Du plus beau des vaisseaux, ils laissent une épave.
Tout seul ou à plusieurs, le bon gouvernement
Doit sauver le bateau, sans accommodement.

Yves Marchand

Mosaïques d'Uzès

Les fouilles archéologiques romaines d'Uzès confiées à l'INRAP - Institut national de recherches archéologiques préventives - sur prescription de l'Etat par la région Occitanie ont révélé un site majeur pour la ville étendu sur 4 000m2. Débutées en octobre dernier sur le terrain de l'ancienne gendarmerie, elles se poursuivront jusqu'en août 2017.

Des Montpelliérains frustrés

Dimanche 9 avril, quelques escouades de Montpelliérains avaient entendu les voix auxquelles beaucoup sont sensibles, surtout lorsqu'il s'agit de la Gaule. A Uzès, on pouvait voir un remarquable ensemble de mosaïques du Ier siècle av. J. C., quand les Gaules n'étaient pas politiquement romanisées. Or, ces mosaïques sont de facture romaine par leur style, leur décor. Le doute plane encore sur la symbolique des animaux représentés sur l'une d'elles, mais les experts sont formels : des mosaïques romaines d'époque gauloise ! Et à Uzès, plutôt connu pour son campanile et le château du premier duché de France.

On prend donc l'autoroute, direction Nîmes-est ; on vire au nord à Courbessac, on monte vers Poulx et, après les beautés des gorges du Gardon, voici le pont Saint Nicolas et Uzès. Centre-ville.

Près du lycée Charles Gide, on se dirige vers l'ancien casernement de la marée chaussée, guidés par les promeneurs.
Devant les grilles, stationne une petite foule et un bruit circule : pas de visites cet après-midi. Comment ? Et puis, un organisateur confirme : 600 billets ont été vendus, le quota de visites est rempli. On ne peut plus accepter de visiteurs. Alors, on se presse aux grilles, on escalade les murets. Malgré la végétation, on tente des photos. On shootera bien quelques assises de pierre, mais pas une tesselle en vue !

On part, puisqu'il le faut, en avalant son dépit. L'on bougonne. Puis, avant de reprendre la route, on va admirer les platanes du boulevard où joue un franc soleil. Mais les mosaïques ! Tout de même ! Et il y eut des Montpelliérains frustrés.

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Le canal Riquet...passionnément

par Jean-Michel Sicard

À nos Élus de la région Occitanie,

Nous avons célébré en 2016 deux commémorations coïncidant avec l'an I de la région Occitanie. Le 350e anniversaire de l'Édit de création du canal signé par Louis XIV en octobre 1666.  Il a focalisé l'attention du public sur son concepteur et réalisateur Pierre Paul Riquet. Le 20e anniversaire de l'inscription du canal au Patrimoine mondial de l'Humanité en décembre 1996. Il nous ramène à la dure réalité. Cette reconnaissance universelle est-elle toujours méritée ?

 La réponse à cette question justifie l'urgence à agir exprimée lors des Assises du canal du Midi convoquées à Carcassonne  comme suite à la création du Comité de Bien du Canal. Il s'agit de définir la politique de la Région pour réhabiliter le canal du Midi.

La structure qui se met en place doit générer un rassemblement de toutes les parties concernées pour redonner au canal l' intérêt économique, l' attrait touristique et la reconnaissance de sa valeur patrimoniale qu'il a perdus. Il suffit de se déplacer le long du canal pour se rendre compte de la réalité de son délabrement. Le canal qui s'étire sous nos yeux souffre d'un demi-siècle de désintérêt et d'abandon favorisant le laisser-aller des utilisateurs et du public et leur  manque de respect pour l'ouvrage classé. Nous en sommes tous responsables.

Le respect est communicatif. Faisons en sorte que le canal, par l'aspect entretenu qu'on lui donnera, inspire et impose ce respect attendu.

Il semble à l'évidence que les collectivités riveraines de la voie d'eau (communes, départements, région) qui, en grand nombre, lui avaient jusque-là tourné le dos, soient enfin sensibles à la réhabilitation du canal ; dans l'espoir d'y trouver « un retour sur investissement» ?

Le canal de Riquet semble avoir été redécouvert cette année après plusieurs décennies d'abandon. Faute d'intérêt économique, il gênait, était une charge plutôt qu'un atout.

Notre Région, accompagnée par l'Etat, a décidé de se pencher sur ce grand corps malade avec le dessein de lui redonner sa stature d'ouvrage majeur de notre patrimoine régional, universellement reconnu.

Je n'ai aucune qualité pour traiter du volet économique. Comme beaucoup de nos concitoyens je fais le vœu qu'une activité batelière marchande s'installe et réduise le trafic des poids lourds sur nos routes.

 Le volet touristique ouvre un champ d'action plus vaste où chacun se sent concerné. Toutes les collectivités riveraines mouillées voudront profiter de l'aubaine et se présenteront comme détentrices de la section qui les traverse, sorte de relique du défunt canal. Ce volet devrait, à mon sens, reposer sur l'urgente mise en valeur du patrimoine architectural et paysager  reconnu par l'UNESCO.

Cette réhabilitation ne pourra se réaliser que dans le respect des ouvrages du chef-d'œuvre de Riquet construits ou modifiés jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Certes, la tentative de modernisation dans les années 1970 a dénaturé ou détruit des ouvrages majeurs : écluses de descente en Garonne aux Ponts-Jumeaux de Toulouse, écluse ronde d'Agde en particulier. La valeur patrimoniale n'interpellait pas les décideurs d'alors. On ne peut que le regretter.

 Mais depuis l'inscription du canal au Patrimoine mondial de l'Humanité, qu'a-t-on fait pour  prolonger le sursaut d'orgueil bien légitime ? Rien, ou si peu. Le mépris a perduré. Pire, on poursuit la destruction de ce qui est considéré comme inutile. On laisse courir à leur ruine des ouvrages hydrauliques significatifs. De nombreux bâtiments témoignent de décennies de désintérêt et d'abandon.

Il va falloir de l'argent et de la patience pour que tous ces ouvrages donnent envie au public de les visiter, de comprendre leur rôle dans la grande machine hydraulique qu'est le canal. Pour cela il faut les atteindre. Et l'accès actuel relève souvent de la course d'obstacles non dépourvue de danger. Le chemin de service, terme utilisé par VNF, est mieux défini par son appellation d'origine chemin de tire, ou de halage. Je parcours à vélo, chaque année depuis 15 ans, ce chemin entre Toulouse, Agde et Narbonne. J'ai constaté avec tristesse son délabrement progressif faute d'entretien. À l'époque du halage, il permettait le passage de deux chevaux de front. Actuellement, de nombreuses sections n'offrent plus qu'une étroite trace bordée de hautes herbes et de ronces. Parfois il n'existe plus.

C'est pourtant ce chemin de halage qui conduit naturellement à tous les ouvrages grands et petits. Il a permis et accompagné, depuis sa création jusqu'à l'apparition des péniches motorisées, l'usage de la voie d'eau par les barques halées.

La mode actuelle, c'est « la vélo-route ». De Bordeaux à Beaucaire, cette voie (verte?) rapide, sorte d'autoroute pour vélos, offrirait une traversée du Midi sans obstacles, à la vitesse d'un peloton du Tour de France. Favorisera-t-elle l'économie locale (commerces, hôtellerie, restauration) ? Rien ne le garantit. Et pour quel coût ? Ce qui est certain, c'est qu'elle ne retiendra pas la curiosité des randonneurs pressés pour la richesse de notre patrimoine. J'ai entendu que cette voie emprunterait parfois le chemin de halage, serait le plus souvent  implantée au sommet d'un terrier existant surplombant le canal, s'en éloignerait parfois pour traverser quelque village proche. Quant au revêtement de cette voie, quel sera-t-il ? Celui que l'on rencontre le long du canal de Garonne ?

La vélo-route, c'est l'erreur à ne pas commettre. On dénaturerait irrémédiablement le monument historique comme cela fut fait entre Toulouse et le bassin de Naurouze. Il faut garder en mémoire que le canal n'avait d'utilité et de sens qu'accompagné au plus près par le chemin de halage. La vélo-route, remplaçant le chemin de halage, dissociée de la voie d'eau, séparée d'elle par des plantations, ôterait toute compréhension de l'ouvrage.

 La solution simple, économique, respectueuse de l'ouvrage historique, consisterait à conserver et à remettre en état ledit chemin, lui donner sa largeur d'antan, avec un revêtement naturel souple (castine fine) excluant les enrobés durs ou colorés.

Le canal est une succession d'ouvrages hydrauliques opérationnels lui donnant le caractère d'un musée vivant de plein air. Il ne s'agit pas de les « figer » mais de les présenter au public en activité, avec les explications utiles, propres à favoriser l'intérêt, la réflexion, l'admiration et le respect. Ne pourrait-il pas être la base d'un projet de tourisme industriel où des médiateurs (ou médiatrices) du patrimoine interviendraient à la demande de groupes constitués (scolaires, visiteurs étrangers, grand public). À l'occasion, le passage des bateaux illustrera naturellement les fonctions de ces ouvrages.

La « mise en lumière » des ouvrages aurait un effet positif sur la fréquentation touristique, surtout auprès de ceux qui privilégient un déplacement doux, sécurisé et économique.

Les bateaux de plaisance posent le problème de la pollution de l'eau par le déversement de leurs effluents directement dans le canal. Deux mesures à prendre rapidement : présence obligatoire sur toutes les barques d'une cuve de rétention des eaux usées ; au sol, installation de stations de récupération de ces eaux.

La disparition des platanes, sur laquelle se focalisent toutes les attentions, nous a ouvert les yeux sur l'état réel de la voie d'eau, objet des possibles remarques du Comité de l'Unesco. C'est sur l'urgente remise en état du canal et de ses bâtiments que doivent porter les efforts. Le moderniser pour le vivifier et lui donner une nouvelle valeur économique n'exclut pas de conserver et de protéger la valeur patrimoniale du chef-d'œuvre universellement reconnu du grand Occitan Pierre Paul Riquet.

Préparerons-lui un nouvel avenir en respectant son passé.

 Jean-Michel Sicard

lire aussi 
Le Canal du Midi,  chef-d'œuvre en péril ?
et Quel avenir pour notre canal ?

Trois fables

par Yves Marchand

L’Ecureuil et le Rat

Un écureuil primesautier
Virevoltait de-ci, de-là
D’un grand chêne à un noisetier,
Ramassant et cueillant, même hors de portée,
Tout ce qu’il pouvait transporter.
Pour fabriquer son matelas,
Il faisait attention au plus petit des glands.
Aucun d’eux ne restait en plan.

Le souci de l’économie est, dit-on, nécessaire
A qui veut être millionnaire.

Un rat, de loin, observait son manège.
Admirant du rouquin la constance éprouvée,
Il espérait pouvoir trouver
Dans la réserve du cousin
Comme une amorce de butin.
De quoi survivre avant les neiges.

Il s’approcha de l’économe.
Sans doute en flattant le bonhomme
Pourrait-il soutirer quelque denrée gracieuse
Qui, dès l’hiver, serait précieuse.

« Vous avez, Monsieur, du panache !
Vous rayonnez, moi, je me cache.
Mais de nous deux qui est meilleur,
Vous en invoquant vos valeurs
De courage et d’économie,
Ou moi, qui cherche à jouir des trésors de la vie
Sans pour autant m’évertuer
A constamment vibrionner » ?

« Certes, je me tue à la tâche,
Répondit l’animal à la queue en panache,
Mais ce que j’ai gagné m’appartient bel et bien.
Ce que vous dégustez est le fruit d’un larcin ».

La morale ne fait pas vivre.
Qui en est dépourvu se trouve plus à l’aise
Pour se dispenser de l’ascèse,
Quoi qu’on en dise dans les livres !

 

La fourmilière

Depuis des mois déjà, c’était l’effervescence
La fourmilière était en transes,
On se préparait au combat.
Les tisserandes bâtissaient,
Les ouvrières transportaient.
Dans les allées royales, on voyait des soldats.

Les galeries bruissaient de rumeurs inquiétantes
Et pourtant du dehors, pas un signal d’alerte,
Que des nouvelles apaisantes.
Les guerres étaient loin. La paix semblait offerte.

Mais l’ennemi était partout.
Au plus haut de l’Etat, il n’y avait qu’un pion.
Le pouvoir n’était plus qu’un sombre fourre-tout
De complots s’ourdissant sous les sceaux de champions.

Pour faire taire les critiques,
Il fallait adopter une thérapeutique.
Les Etats-majors consultèrent
Et se dotèrent des primaires.

Le traitement choisi devait être fameux.
Il fut digne d’un rebouteux !
Chaque camp s’en remit aux discours des caciques
Aguerris à la rhétorique.

Les fourmis, qui devaient voter,
Se prirent à plébisciter
Dans le plus grand secret, selon leur bon vouloir
Ceux qui se proposaient d’abattre le pouvoir.

Rien ne pouvait dès lors suspendre le final.
La potion s’avérait un remède létal.
Ils n’eurent alors plus, pour seule alternative
Que charlatan tricheur et gai godelureau.
Aucun autre moyen qui les prive
Du juste choix de leur bourreau !

Le peuple a ses raisons que la raison ignore.
Il demeure loyal pour autant qu’on l’honore,
Et ne connaît qu’une logique :
Rien ne doit entraver la voie démocratique.

 
   Les étourneaux

Une escadrille d’étourneaux
Avait pris pour cible une vigne.

Contrairement à des moineaux,
Ils pouvaient de très haut découvrir sur ses lignes
Des grappes de raisins promettant le régal
D’un banquet n’ayant rien d’un déjeuner frugal.

Ils écrabouilleraient de leurs becs les pépins
Et se régaleraient en joyeux galopins.

Amassés dans les nues, prêts à l’atterrissage,
Ils viennent s’affaler en un sombre nuage
Sur les sarments porteurs de pulpes savoureuses.

Mais que se passe-t-il ? Ainsi qu’une amoureuse
Effarouchée par son audace,
Ils s’envolent soudain, comme sous la menace,
Pour aller se poser sur la vigne jumelle.

Ces volatiles sans cervelle
Qui portent bien le nom de leur infirmité
Développent leur don de l’uniformité.

Ils se ruent sur l’étrange ou sur le fantastique
Avec une ardeur frénétique.

Emportés par leurs jeux fugaces,
Tout les attire, un rien les chasse.

On croit souvent qu’ailleurs de plus beaux paysages
Offrent aux envieux de plus verts pâturages.

Les étourneaux s’y laissent prendre.
Comme la plupart des gogos
Ils ne s’en tiennent qu’aux ragots,
A l’apparence et au clinquant,
A tout ce qui peut surprendre
Pourvu que ce soit suffocant.

Ils vont et volent à tire d’aile,
Vers n’importe quel horizon,
En n’importe quelle saison
Sans jamais se montrer rebelles
Aux tricheurs et aux charlatans,
A tous ceux qui sont épatants.

En croyant accéder au rang de baronnets
Ils demeurent pourtant roupies de sansonnets.

L'étoile et la planète bleue

de Patrick Misse

Il était une fois une étoile lumineuse qui broyait du noir…. Elle souffrait de solitude car elle n’avait aucune possibilité d’aller rendre visite à ses consœurs. Pensez-donc, la plus proche se situait à des millions d’années lumières et le grand ordonnateur céleste ne permettait jamais la plus petite escapade en dehors des trajectoires. A quoi bon, de toute façon, puisque leurs rencontres provoqueraient des étincelles insoutenables. Alors notre petite étoile se résigna. Chacune de ses explosions thermonucléaires était un soupir de découragement, elle irradiait le malheur. Comment supporter son isolement calamiteux durant des milliards d’années jusqu’à sa mort ?
Un jour, elle découvrit, parmi sa cour, une planète bleue, si minuscule qu’elle ne l’avait jamais remarquée. Intriguée, elle bâtit un télescope atomique d’une puissance inégalée. Quand il fut au point, le 14 juillet, elle le braqua sur cette Terre et elle aperçut des feux follets qui provoquaient des scènes de liesse itératives parmi des êtres microscopiques. Comment ces pâles lumières pouvaient-elles déclencher autant d’enthousiasme ?
Elle s’interrogea et décida d’observer avec attention cette curieuse planète. Elle découvrit, stupéfaite, que l’étoile était un symbole politique, religieux, et personnel omniprésent au point que les personnes de lumière étaient considérées comme des stars. Elle fut surtout touchée par l’étoile de Noël qui guidait les mages et par l’émotion des enfants qui admiraient l’étoile au sommet du sapin.
C’étaient ses rayons chaleureux qui permettaient à tous ces gens de vivre et d’être heureux. Elle prit conscience qu’elle était indispensable et elle ressentit soudain l’amour d’une multitude de gens. Elle n’était plus seule au monde. Prise d’une fulgurance, elle s’inspira des feux d’artifice de la planète bleu et créa des fabuleux spectacles sons et lumière qui furent admirés partout dans la galaxie. Elle irradie encore aujourd’hui sa joie de vivre…

Quand nous broyons du noir, songeons que nous sommes l’étoile de quelqu’un… A mes amis de lumières… Patrick Misse

Il faut que les citoyens reprennent le pouvoir politique

A propos de l'édito : "pays de vieux, pays foutu?" par Pierre josse

« Pays de vieux, pays foutu » dites-vous et bien sûr cette constatation n’est pas loin de la vérité. Si le japon est le champion en la matière c’est que les Japonais vivent en surpopulation depuis le grand redressement de l’archipel après les années 60.
Sur un territoire de 378.000 km2 vit une population de 127 millions de personnes soit une densité arithmétique de 336 habitants au km2 alors qu’en France nous en sommes à plus de trois fois moins (104 ha/km2). Et c’est sans tenir compte de la topographie Japonaise, très montagneuse, qui oblige les zones d’habitat à se concentrer sur le bord de l’océan ce qui augmente d’autant plus la densité au m2.
Les Japonais préfèrent donc s’abstenir de faire des enfants si les conditions de leur vie future ne sont pas dignement assurées. On peut les comprendre.
Mais si la France ne connait pas ce problème c’est en partie aussi grâce à la fertilité des familles issues de l’immigration africaine. Il n’y a pas de statistiques à ce sujet car la loi l’interdit.
Elles seraient pourtant intéressantes afin que nos politiques puissent engager des mesures sociales pour intégrer vraiment ces populations.
Mais faire une véritable intégration, c'est-à-dire inculquer aux jeunes de ces communautés l’esprit de la nation et de la République à savoir la laïcité et le respect des lois.
Quand, au nom du multiculturalisme ou du  « vivre ensemble », on autorise la création d’organisations cultuelles qui prêchent le rejet des autres et l’instauration de la Charia on est très mal partis et on prépare à nos jeunes un avenir sombre.
Il faut que les citoyens, au travers des associations, reprennent le pouvoir politique qui a été abandonné à des professionnels du mensonge et de la vénalité. Tous les responsables politiques connaissent la situation de ces banlieues que l’on a abandonnées aux communautarismes  et à la délinquance. Laisser se regrouper dans des mêmes lieux des populations ignorant tout de notre culture a été la plus grande des erreurs alors que l’on aurait du les mélanger aux autochtones les obligeant ainsi à faire des efforts pour apprendre la langue, première étape indispensable à l’intégration (je ne dis pas assimilation).
J’ai des amis d’origine Algérienne qui ont toujours refusé d’habiter dans ces zones car ils considéraient, je les cite « Qu’il y a trop d’Arabes ! ».
Mais il en est de même pour toutes autres communautés, par exemple la communauté asiatique de Paris et sa région. Je suis intimement convaincu que l’unité d’un pays ne se fait pas en acceptant tout et n’importe quoi au nom d’une idéologie dont les résultats se font aujourd’hui sentir et malheureusement par des actes dramatiques.
Jean Ferrat dans sa chanson ‘Le Bilan’ dit :
C'est un autre avenir qu'il faut qu'on réinvente
Sans idole ou modèle, pas à pas, humblement
Sans vérité tracée, sans lendemains qui chantent ….
Ce nouvel avenir ce sera le défi des jeunes générations, de toutes origines, encore faut-il qu’ils en aient la volonté et le courage et c’est aux politiques d’aujourd’hui de leur en donner la possibilité.
C’est ainsi que l’on pourra combattre tous les extrémismes, de toute nature et de toutes sources, et assurer à notre pays un des plus beaux du monde un véritable avenir.
 
Pierre Josse

Qui va prendre des mesures contre les tags ?

Je souhaiterais connaître les dispositions prises (ou qui le seront prochainement) par le responsable de la Métropole et les maires concernés concernant les tags qui commencent à "tapisser" les murs anti-bruit ou les infrastructures de la ligne TGV et de la nouvelle autoroute.
Si aucune disposition n'est prise ce sera un "carnaval" de mauvais goût dont vont pâtir les riverains et les usagers de ces infrastructures.
Ne pourrait-il pas être envisagé soit d'effacer au fur et à mesure ces graffitis, car on constate que les graffeurs renoncent si leurs tags sont systématiquement effacés,  soit à confier à de véritables artistes (en organisant un concours, ou en les payant) la décoration de ces structures.
Cordialement
Alain FERRERES - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Montpellier secret et insolite

Montpellier secret et insolite
Les trésors cachés de la belle languedocienne

par Marie Susplugas

Montpelliéraine de naissance, historienne de formation, Marie Susplugas a enseigné à l'Université Paul-Valéry de Montpellier. Journaliste indépendante, elle publie régulièrement des articles sur le patrimoine du Languedoc-Roussillon. Elle est également l'auteur d'une Histoire du Languedoc aux éditions Ouest-France et de Montpellier Impressions, chez Études et Communication.

"J'ai reçu ce livre. "Montpellier secret et insolite" est un ouvrage que je trouve assez complet sur les petits secrets de la ville. Il est richement illustré et la mise en page est attrayante. J'ai seulement quelques petits reproches à faire. Il n'y a pas de carte de la ville et de plan de l'Écusson dans le livre sur lesquels seraient placées les curiosités traitées dans les pages. Pour chaque curiosité on donne les adresses, mais il faut se doter d'un plan de la ville ou aller sur Google Map pour les situer. Le livre n'est pas censé être un prodige d'exhaustivité dans la liste des curiosités traitées, des éléments sont immanquablement absents comme les halles Laissac, la fontaine Font Putanelle ou la roue en pierre de la rue St Ursule, mais les éléments importants sont là, plus quelques bonus alléchants comme le restaurant la Diligence de hôtel de Varennes ou la Boite à Musiques de l'Hôtel du Palais. L'ouvrage insiste d'ailleurs sur le fait qu'à Montpellier il y a de nombreux hôtels particuliers qui cachent derrière leurs façades des trésors d'architecture et d'art appliqué, cages d'escaliers, peintures, voutes, etc. Par soucis de complétude la lecture de ce livre devrait être enrichie par la visite de ce site, bien plus exhaustif que le livre de quelqu'un qui connait bien et aime sa ville. " - Jean-Luc Drevillon. (» Amazon)