Vous avez dit transition écologique ?

Congrès mondial d’agroforesterie de Montpellier des 21-23 mai 2019, porté par le Cirad, l’Inra, inauguré par M. Philippe Saurel, Maire.

Voici le point de vue de Christian Puech, écologiste actif :

« Ce Congrès apporte des outils et projets scientifiques souvent novateurs, toujours instructifs ou édifiants, pour une alimentation sécurisée avec une agriculture durable sur tous les continents confrontés aux changements climatiques. Au fond de ces beaux projets, argent roi, écologie, néo colonialisme, science et conscience se réconcilient rarement : le diable est dans les détails. Ils sont légion. Exemple : faire venir de l’autre bout du monde, des productions ciblées susceptibles de générer d’importants profits en fonction de la demande des consommateurs des pays riches, n’est pas bon pour le climat ! Privilégier le localisme devrait être à l’ordre du jour vu l’urgence climatique ? »

« Ces projets tentent d’adapter le modèle intensif agronomique, socio-économique et environnemental des années 1960, lequel a tué 80 % des terres cultivables de la planète, probablement des millions d’hommes et assurément une grande partie des insectes ».

Strictement réservé aux professionnels favorables à cette agroforesterie mondialisée en projet, si le montpelliérain Christian Puech, écologiste actif et ethno photographe, n’avait pas été invité à assister à ce Congrès par une association étrangère (1) qui d’autre aurait alerté la société civile ? Tenir les habitants de la ville de Montpellier, à l’écart de pareils entretiens qui doivent conditionner l’alimentation de demain, est-ce acceptable ? Ne serait-il pas intéressant de savoir ce que les Montpelliérains en pensent ?

Pour débattre de ces questions, Christian Puech se tient à la disposition des médias et hommes politiques nationaux concernés par la transition écologique.

(1) Explorateur- défenseur des peuples autochtones, Christian Puech est plus connu à l’étranger qu’en France.

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Christian Puech 06.03.38.16.98‌

Courrier des lecteurs

Cette rubrique est ouverte à nos lecteurs qui souhaitent s'exprimer. Elle est ouverte à tous toutefois ne seront pas publiés les messages redondants, de nature publicitaire ou promotionnelle, contraires à l’ordre public ou aux bonnes mœurs, violents, racistes, révisionnistes, faisant l’apologie des crimes de guerre, injurieux ou grossiers, contraires aux droits d’auteur ou droits voisins, au droit applicable aux bases de données, au droit des marques, au droit à l’image, au droit au respect de la vie privée ou qui enfreindraient toute autre disposition législative ou réglementaire en vigueur

Pic Saint-Loup : Sauvons le joyau des Jasses à Ferrières-les-Verreries

Nous, habitants de Ferrières-les-Verreries dans l'Hérault et des environs, agriculteurs, naturalistes, promeneurs, amoureux de la nature, lançons un appel à la population, aux politiques locaux, aux administrations en charge de la protection des intérêts de notre territoire, pour sauver le domaine des Jasses de la spéculation financière.

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Des paysans, pas des financiers !

Non à la spéculation internationale sur le foncier agricole et à la destruction du patrimoine naturel !

Truffle Farms Europe Ltd, société d'investissement britannique, rachète le domaine des Jasses - 371 hectares - à Ferrières-les-Verreries pour y faire de la trufficulture intensive, au bénéfice exclusif d’investisseurs étrangers. 

Elle compte tirer parti d’une niche fiscale et potentiellement des aides agricoles, sans créer d’emploi localement, et alors que des agriculteurs locaux sont désespérément à la recherche de terres pour des projets plus à même d’assurer la sécurité alimentaire du territoire.

Sur le plan écologique, ce projet de plantation bouleverserait un paysage agricole traditionnel, modelé par le pastoralisme, et porterait atteinte à une biodiversité remarquable, typiquement méditerranéenne. Il participera également à l’épuisement de la ressource en eau, la totalité de la plantation (500 arbres/ha) devant être irriguée. Plusieurs forages profonds sont prévus.

Dans 15 ans, après s’en être mis plein les poches, les investisseurs s’en iraient, nous laissant réparer les dégâts…. Comme ils le disent: “Nous ne sommes rien si ce n'est ambitieux”, et leur objectif est de faire la plus grande truffière moderne au monde.

Prix pour investir sur un hectare : 150 000 euros

Bénéfice défiscalisé attendu au bout de 15 ans : 1 000 000 euros.

https://www.petitions24.net/sauvons_les_jasses?uv=12804705#sign

Taxe d'habitation : le tollé

Dur à avaler

Ménage de retraités de l'enseignement,et n'ayant que notre retraite pour revenu,on nous dit que nous faisons partie des 20 % des français les plus riches,ceux qui continueront de payer la taxe d'habitation. D'autre part il est reconnu qu'en France les enseignants sont sous-payés. Dure à avaler la cohérence.

Claude Albarèdes

La goutte d'eau qui fait déborder le vase des retraités

Indépendant, retraité, ayant travaillé toute ma vie à raison de70 heures par semaines et ayant élevé 3 enfants, j'ai bien du mal à accepter les flottements d'un gouvernement que je soutenais jusqu'ici. Le retour de la taxe d'habitation pour les "20% de riches" dont moi  n'ayant pas d'autres revenus que ma retraite alors que les 1% des vrais riches se débrouillent pour échapper à l'impôt. Je viens enfin de comprendre ce que veut dire "président des riches" : celui qui protège les vrais nantis et  va puiser dans les classes moyennes l'argent qu'il a généreusement distribué aux  gilets jaunes... Après les hausses de CSG, le gel des retraites, la remise sur le tapis de la taxe d'habitation est le pompon, la goutte qui fait déborder le vase. Le dindon ne votera plus Macron.

Gérard Martinez

Aberration

Le retour de la taxe d'habitation est une aberration !  Cela va encore accroitre les clivages et les tensions entre les citoyens. A ce rythme on va bientôt désigner les citoyens bons pour la guillotine : ceux qui gagnent plus de 2500 euros par mois...

Pierrette Legrand

Ce gouvernement est fou

Avec le retour de la taxe d'habitation, le gouvernement perd ses derniers soutiens : les cadres, la classe moyenne, les indépendants, les retraités... Necker, ministre des finances de Louis XVI n'aurait pas fait mieux...

Yves Durand

Réaction à l'édito

 

Retrouver le sens du bien commun pour ne pas avancer en arrière

Notre système politique est un mélange de libéralisme et d’état providence.
Avec la montée de l’individualisme, on attend du libéralisme qu’il mette la personne au centre des préoccupations tandis qu’on attend de l’état providence qu’il résolve tous nos problèmes. Comme l’état ne peut faire les deux à la fois, répondre à toutes les demandes individuelles - moi d’abord, tout de suite - et éradiquer la misère, il finit par mécontenter tout le monde.
Dans ce système schizophrène les élus perdent leur fonction essentielle : celle d’éclairer et de guider le peuple. Ils se contentent d’organiser la société ou de gérer l’économie, du moins la faible part sur laquelle ils ont prise. La démocratie représentative est alors prise au piège. Dans l’incapacité d’additionner les envies contradictoires elle accepte la montée des particularismes, des corporatismes, des communautarismes, pendants sociaux de l’individualisme. L’équipe au pouvoir oublie qu’elle a en charge ce qui est bon pour tous et pas uniquement pour certains. Elle s’appuie sur une élite qui décide de ce qui est bien, de ce qui est juste, de ce qui est vrai. Elle n’écoute guère ceux qui ne pensent pas comme elle. Les opposants adoptent une position symétrique et campent sur leurs propres vérités. Ils n’écoutent pas davantage et promettent de massacrer l’autre s’ils gagnent politiquement. Ils sont prêts à échanger un système honni pour une tyrannie nouvelle potentiellement plus dangereuse encore que les féodalités antérieures.

En 2017, quelques semaines à peine après l’élection du nouveau Président de la République, nous annoncions dans un éditorial daté du 9 juillet que les conditions étaient réunies, pour que la cocotte minute se mette à siffler : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. 
En ce début 2019, le large soutien de l’opinion aux gilets jaunes et la dangereuse acceptation tacite de la violence montrent que la révolution que nous pressentions est en cours. Comme toujours dans un tel cas, attendons-nous à présent à traverser une très longue période d’instabilité.

Pour éviter l’anarchie et les risques qu’une période révolutionnaire implique Il nous faut redonner du poids à la démocratie participative. En effet le salut ne peut plus venir d’en haut. Dans le contexte actuel, le pouvoir descendant à sens unique ne peut que récolter la révolte ascendante. Nos représentants ne sont pas tous pourris, beaucoup sont mêmes compétents et animés de nobles sentiments mais ils ne sont pas magiciens, pas plus que ceux qui, en embuscade, promettent la lune s’ils parviennent à les remplacer.

La seule solution raisonnable est de faire appel à l’ensemble des ressources démocratiques. C’est au peuple de redéfinir le sens du bien commun et c’est au peuple d’identifier ce à quoi tous les citoyens tiennent.

Dans l'agglo de Montpellier, entre conseils de quartier, conseil de développement ou autres conseils participatifs, des expériences intéressantes sont en cours depuis plusieurs années et débouchent sur des projets concrets qui font avancer notre agglomération ou nos communes. Il faut bien sûr aller au-delà de ces pratiques limitées dans leurs objets et raisonner au niveau national. Cela implique de ne pas faire l’impasse sur des questions plus fondamentales encore que le pouvoir d’achat ou la fiscalité comme l’idée que nous nous faisons collectivement de la nation ou de l’Europe.
Qu’est-ce que la Nation ? Qu’est-ce qui nous unit ? Une histoire ? Une culture ? Une langue ? Des valeurs républicaines ? La solidarité de l’état providence ? L’exaltation de la nation peut-elle nous entraîner vers le nationalisme : le retour des tranchées de 14-18 et de leurs millions de morts, une nouvelle Shoah et l’extermination de ceux qui sont différents ?
L’Europe dans son fonctionnement actuel est rejetée par une grande partie des citoyens. Mais quel est son bilan objectif depuis sa création en 1957 ? Que nous a-t-elle apporté : la paix, la monnaie commune, etc. Quel problème n’a-t-elle pas su résoudre : le chômage, le terrorisme, etc. Comment la France peut-elle contribuer à relancer l’idée européenne sur de nouvelles bases ?

Le débat annoncé par le gouvernement sous la pression des gilets jaunes peut être une occasion inespérée de retrouver le sens du bien commun et de réussir pacifiquement la révolution en cours. Nous avons peut-être l’opportunité exceptionnelle de redéfinir notre société et d’expliciter les raisons pour lesquelles nous formons un tout.
Cela implique que chacun joue vraiment le jeu. Le pouvoir comme les oppositions doivent comprendre que les antagonismes simplistes ne mènent à rien. Des gens convaincus de détenir à eux seuls la vérité seraient de piètres acteurs d’un théâtre tragique : des méchants qui refusent aux gentils ce à quoi ils pensent avoir droit, des décideurs qui jugent le peuple trop ignare pour comprendre où se trouve son intérêt, des affreux qui sentent le soufre, avec lesquels on ne peut dialoguer et qu’il faut envoyer au goulag.
Il ne suffit pas d’avoir raison pour imposer son point de vue. Il faut pouvoir le confronter à d’autres et le soumettre à l’épreuve du débat pour qu’il devienne un élément du socle commun des idées et des valeurs à partager. La décision condescendante qui vient d’en haut n’a pas plus sa place dans un tel débat que le « y a qu’à, faut qu’on » si répandu chez les démagogues et les irresponsables civiques. De même, recueillir l’assentiment de la majorité ne donne pas le droit d’ignorer voire d’opprimer la minorité. Notre idée du vivre ensemble et du lien social ne repose pas que sur des lois et des règles fiscales, elle suppose l’adhésion à des valeurs communes et à des principes comme le respect de l’autre ou l’acceptation du pluralisme politique.

Le peuple est parfaitement capable de croiser divers points de vue et de fertiliser les idées des uns et des autres. Si le processus annoncé est mené avec l’aide d’élus transparents et d’experts capables d’apporter un éclairage de réalisme au débat, le peuple de France saura retrouver et définir le sens du bien commun pour ne pas avancer en arrière.
Le peuple de France est prompt à s’indigner et à s’opposer à l’injustice. Il n’est cependant pas idiot et ne s’engagera pas dans une voie qui l’amènerait vers des lendemains qui déchantent. Si son génie l’amène parfois à rêver l’utopie, il a su démontrer dans son histoire que rêver à plusieurs est souvent le début de la réalité.

Rhadamanthe
6 janvier 2019

cliquez ici pour participe au sondage sur le mouvement des gilets jaunes

   

Réactions à l'édito

Bonjour les gilets jaunes

J’en ai ras le bol de votre mouvement. On dirait un repas de famille au cours duquel tout le monde s’engueule, personne ne s’écoute et tout le monde repart avec son opinion en pensant que l’autre est un con…
C’est contreproductif ce que vous faites : vous cassez tout (car désolée, mais il y a des gilets jaunes qui cassent tout, on les a vu à la tv), ce sont donc nos primes d’assurance qui vont augmenter. Vous hurlez Macron démission, sans doute pour mettre Marine Le Pen à sa place … Super ça fait rêver comme en Italie, aux USA, au Brésil, en Turquie ou en Hongrie.
Vous demandez moins d’impôts et de taxes mais aussi plus d’écoles de transport en commun, d’hôpitaux, de meilleures retraites… Cherchez l’erreur!
Vous emmerdez les gens qui bossent, vous bloquez l’économie du pays, vous ruinez des petits commerces qui font la moitié de leurs chiffres d’affaires pour Noël, avec comme conséquence l’explosion des ventes sur Internet pour les géants comme Amazon qui ne payent pratiquement rien en France. Génial!
On vous a entendu, j’étais d’accord au début, vous allez trop loin. Vous mettez en danger la démocratie, toutes les révolutions ont amené des fachos au pouvoir, c’est peut-être votre souhait?
Vous n’avez pas compris que la seule issue pour vous, vos enfants, vos voisins, vos concitoyens, la France et le monde c’est de consommer moins parce que la planète explose de toutes nos conneries et dans quelques années vos arrières petits-enfants vous montreront du doigt.
A ce propos pouvez-vous arrêtez de brûler des pneus, c’est polluant, pensez à vos enfants qui respirent cette odeur; et puis si vraiment vous voulez continuer votre mouvement ouvrez tous les péages de France, là vous vous attaquerez au grand capital, car franchement la petite fleuriste de l’avenue Kleber, elle est comme vous, elle tire aussi le diable par la queue.
La négociation, c’est l’art de passer d’un rapport de force a un rapport d’intelligence, on a vu que vous étiez forts pour bloquer, montrez-nous que vous êtes intelligents.
Je suis du même milieu social que vous, je connais les fins de mois difficiles, (un peu moins maintenant car mes enfants travaillent) mais je n’oublie pas que j’habite dans un pays où je peux me faire soigner, où les enfants vont à l’école dans de bonnes conditions, où j’aurai quand même une retraite (même si, au vu des simulations, je suis déçue du montant).
J’ai 59 ans et j’en ai marre de votre mouvement, derniers trucs, arrêtez de dire que vous parlez au nom de tous les français, vous ne parlez pas pour moi.

Géraldine Mercier

 

Le Général de Gaulle, lors d'un entretien radiodiffusé et télévisé avec M. Michel Droit, le 7 juin 1968 : "Si une révolution, ce sont des exhibitions et des tumultes bruyants, scandaleux et, pour finir, sanglants, alors non ! la participation, ce n'est pas une révolution. Mais si une révolution consiste à changer profondément ce qui est, notamment en ce qui concerne la dignité et la condition ouvrières, alors, certainement, c'en est une. Et moi, je ne suis pas gêné dans ce sens-lâ d'être un révolutionnaire comme je l'ai été si souvent."

Josiane Leclerc

 

Changer de paradigme

"le peuple" s'exprime aujourd'hui et affirme, même violemment, sa désapprobation vis à vis des élus, des institutions, des politiques menées dont il se sent exclu, jusqu'à remettre en cause la démocratie elle-même. La manifestation des "Gilets jaunes" offre effectivement l'opportunité de se réveiller de nos langueurs et de ce que nous considérions toutefois comme un certain confort et des acquis, même si, de-ci de-là, les colères et revendications s'exprimaient. L'élection de E. Macron à la Présidence de la République actualisait ce désir de changement mais certains ne s'y retrouvent pas et attendent toujours du nouveau.
Je suis étonnée cependant par le fait que les gens, les journalistes et même des politiques continuent à utiliser un certain langage ; pour moi, cela signifie que l'évolution souhaitée aura du mal à se réaliser car nous voulons quelque chose de nouveau mais sans changer de paradigme. Le changement ne peut être seulement dans la forme, il se doit d'être aussi dans le fond, c'est-à-dire dans notre mode de penser pour changer ensuite notre façon d'être ensemble. Je prends des exemples :
Le mot "peuple" revient en force avec un arrière-goût de révolution. Oui, cela est juste et gentil, ça réveille de vieilles mémoires collectives que l'on a plaisir à retrouver ; mais "le peuple", par définition, s'oppose automatiquement aux nantis, riches et gouvernants. L'image de la lutte des classes et des pouvoirs que l'on connait depuis si longtemps. Changer les représentations électorales ne modifiera pas à terme cette dichotomie. Il y aura toujours ceux qui ont le pouvoir de décision et ceux qui ne l'ont pas, y compris dans ce qu'on appelle la démocratie directe dont on ne connait pas bien aujourd'hui ni le contenu ni la forme, ni la place que vont prendre certains dans ce débat dit "libre". De plus, ce "peuple" existe-t-il vraiment ? Je me reconnais dans certaines aspirations exprimées actuellement, mais je ne me reconnais pas dans ce peuple modeste en nombre et composite qui fait du bruit depuis des semaines.
Autre mot qui me surprend d'entendre aujourd'hui est "l'Etat providence" qui continue à être souhaité et même revendiqué. Qu'est-ce que l'Etat providence ? C'est le "bon papa" Etat qui pourvoit aux besoins des administrés, tel que lui conçoit ce qui est bon pour les autres. La nation serait donc une grande famille, "merci papa de nous donner ça, mais je tape du pied si tu ne me le donnes pas, et je suis jalouse car tu as donné plus à mon frère que je n'aime pas". Voilà où nous en sommes. N'oublions pas non plus, que donner met celui qui donne systématiquement en position de pouvoir et celui qui reçoit en position d'être obligé d'accepter cette générosité. Relation de dépendance dont chacun, à terme, finit par s'accommoder ; faute de mieux cela permet de survivre. Modifier cela provoque quelques tremblements de terre, car notre société s'est construite ainsi depuis notamment les années 1970. Dans les réformes de 1936 et 1945, il y avait la notion d'équité et de justice sociale. (Entre autres, n'oublions pas l'origine de la Sécurité Sociale qui était "les caisses de compensation" dirigées par une assemblée bipartite où étaient représentés conjointement les syndicats patronaux et les syndicats ouvriers, l'Etat n'était pas présent).
Pour avoir travaillé 41 ans dans le domaine social à mettre en œuvre et à subir la loi, j'ai vérifié maintes fois l'effet pervers de ce système. Il est temps d'en sortir et de concevoir une autre manière de faire.

Sortir de l'Etat providence pour aller vers un Etat qui remplit réellement son rôle de régulateur - et non de pourvoyeur - vers une société solidaire et équitable.
Nous l'avons oublié, mais le rôle véritable de l'Etat est de réguler les liens entre le privé et le public et de réguler les liens des personnes entre elles. Le passage progressif à l'état gestionnaire des populations nous a fait perdre à nous-mêmes citoyens, ce rôle extrêmement important de régulateur.
Autre mot que je verrais bien supprimer de notre devise nationale car trop ambigu, est celui d'Egalité. Il est important d'affirmer et de vérifier que nous sommes bien tous égaux devant la Loi, tout autant qu'il est indispensable de considérer que nous ne sommes pas tous égaux. Cet égalitarisme appliqué et revendiqué par des citoyens autant que par des politiques, déforment la conception même de la société. Par définition la Société est plurielle. C'est aussi en cela que nous devons être dans une conception libérale où chacun peut et doit pouvoir trouver sa place, telle qu'il la conçoit sur le plan familial, culturel, philosophique et économique. Il serait temps de redonner du sens aux mots utilisés. La conception libérale de la société ne signifie pas capitalisme libéral. Lors des dernières décennies, par peur du capitalisme libéral (qui n'est toujours pas régulé !), les gouvernements ont muselé l'initiative et accumulé le normatif., y compris dans la gestion des plus pauvres.
Le véritable changement passera donc par un repositionnement de chacun, face à lui-même, face aux autres et face au champ politique. C'est sur ses bases mêmes qu'il faut repenser notre société que nous avons supportée pyramidale, infantilisante depuis des siècles ; mais cela a conditionné nos comportements. Nous avons aujourd'hui à sortir des schémas habituels pour nous réinventer comme citoyens autant que pour réinventer notre société.

Nicole Bandelier

 

D'accord avec cet édito quant au diagnostic . Pour le remède ,je penche plutôt pour un changement de Constitution qui donnerait plus facilement la parole à ceux qu'actuellement l'on n'entend pas, en dehors des ronds-points! Remplacer le Sénat par une assemblée élue au suffrage proportionnel et qui aurait plus de poids que le Sénat actuel qui ne sert à rien car le dernier mot appartient à l'Assemblée Nationale.Donner plus de poids au Conseil Économique et Social en l’associant aux décisions politiques. Consulter le "peuple" plus souvent (une fois par trimestre au moins) en faisant appel à Internet.Dissocier élection Présidentielle et l'élection des Députés pour éviter le phénomène "godillots". Supprimer l'ENA "utérus" de nos petits chefs par trop encombrants. Le recrutement des hauts fonctionnaires pouvant se faire par Concours ouverts à tous et toutes à partir du niveau "licence" par exemple.Il y a des pistes nombreuses à creuser mais peu de gens s'engagent dans cette voie là et pourtant il faudra bien y parvenir pour changer les choses!

Andre Benvenuti

 

Et si les gilets jaunes étaient aussi l'occasion de réfléchir à nos déplacements ?

Des milliers de manifestants le le 17 novembre, certainement autant ce 1er décembre 2018. Un mouvement qui continue un peu partout : sans nul doute les Français sont en colère et l'expriment. Cette lutte contre l'augmentation du prix des carburants traduit un mécontentement plus général envers la politique gouvernementale qui ponctionne toujours les plus pauvres et fait des cadeaux aux plus riches. Oui il est plus que nécessaire de dénoncer la cherté de la vie et les effets déshumanisants de l'ultralibéralisme. En ce sens le mouvement est profondément politique et on le comprend.

Mais pourquoi est-ce justement l'augmentation du prix des carburants et notamment du diesel qui déclenche une telle protestation? On n'a pas vu une telle mobilisation contre la suppression de l' I.S.F., l'augmentation de la C.S.G., la réforme des retraites et bien d'autres mesures qui ponctionnent notre pouvoir d'achat. On peut comprendre que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Néanmoins, il semble nécessaire de voir un peu plus loin. Ce mouvement ne fait pas l'unanimité. Les écologistes qui soutiennent la taxe carbone n'ont pas porté le gilet jaune. Des associations de cyclistes ont manifesté et insisté sur le fait que c'est eux qui portent régulièrement les gilets jaunes pour être vus par les automobilistes, montrant que le vélo était aussi un mode de déplacement.

Ne faut-il pas aussi réfléchir sur la place prise par la voiture dans notre société, obligeant la plupart de nos concitoyens à être tributaires du prix du carburant?
Les statistiques montrent que les français font 725 milliards de km par an, la plupart en voiture, les transports en commun ne représentant que 8,1 milliards. Un automobiliste français dépenserait en moyenne 5517 euros par an pour ses déplacements en voiture (source internet: statistiques planetoscope). Bien sûr  ce sont des moyennes. Ce qui est certain c'est que la voiture coûte cher mais elle  est devenue le moyen de déplacement majeur.

Le mode de déplacement automobile s'est imposé petit à petit après les années 50.

 

Avant la seconde guerre mondiale, il y avait en France 2,4 millions d'automobiles et 9 millions de bicyclettes. Les ouvriers et paysans se rendaient au travail à vélo, on faisait ses courses à bicyclette. Il y avait des trains partout, notamment dans l'Hérault. Puis la voiture est devenue un symbole de liberté et de modernité-avec ma voiture je vais où je veux quand je veux- elle s'est largement développée après guerre pour arriver aujourd'hui à un parc automobile qui dépasse les 30 millions de voitures particulières (32,39 millions en 2017 d'après le Comité des Constructeurs Français d'Automobiles). Quant au vélo utilitaire, il a pratiquement disparu puisque la part modale des déplacements à vélo en France est inférieure à 2% ; la bicyclette est surtout utilisée pour les loisirs. Les petites lignes de train ont disparu, les transports en commun couvrent à peine 20% des déplacements sur tout le territoire français, sur l'agglomération du bassin de Thau, 5% seulement des déplacements se font en transport en commun.

De plus au cours des dernières décennies, le développement des zones urbaines et périurbaines a engendré un éloignement domicile-travail rendant la voiture particulière quasi obligatoire dans la mesure où il n'y a pas toujours des transports en commun à la hauteur des besoins. L'accroissement des grandes zones commerciales avec la mort programmée du petit commerce favorise également l'utilisation de l'automobile.

Tous les gouvernements qui se sont succédé ou presque ont favorisé une politique "tout automobile"

(quelques ministres communistes ont vraiment influé sur l'amélioration des transports en commun, de 81 à 83 et de 97 à 2002)

Ce choix politique a rendu les français dépendants de ce mode de déplacement qui finissent par penser qu'on ne peut pas faire autrement. Bien sûr il y a bon nombre de personnes qui n'ont pas d'autre moyen que la voiture particulière pour aller travailler. Cependant, les chiffres montrent que de nombreux déplacements en auto pourraient être évités:

40% des déplacements quotidiens en voiture font moins de 2km ! Certains ont la chance de travailler près de chez eux mais 58% des trajets domicile -travail inférieur à 1 km se font en voiture.

Depuis quelque temps on voit émerger une prise de conscience de la nocivité de cette politique du tout automobile.
Actuellement, à Strasbourg, des militants poursuivent leur grève de la faim commencée le 22 octobre pour protester  contre un gigantesque projet autoroutier. Cette autoroute, qui condamne le poumon vert de la ville alsacienne, coûte 553 millions d'euros, des études sérieuses montrent que cet ouvrage détournerait à peine 10% de la circulation. On peut se demander à qui profite un tel projet. Nous perdons tous régulièrement du temps dans les bouchons et pourtant, beaucoup d'entre nous n'ont pas d'autre choix que la voiture. Les transports en commun ont été largement améliorés un peu partout mais pas suffisamment pour dissuader de la voiture. On se retrouve face à un cercle vicieux: les bus ne sont pas rapides aussi parce qu'ils sont pris dans les embouteillages causés par les voitures essentiellement, donc on prend son auto... Même cercle vicieux pour les vélos: ceux qui souhaiteraient enfourcher une bicyclette ne le font pas face à la dangerosité des autos. Malgré le développement des pistes cyclables, la continuité n'est pas souvent au rendez-vous pour permettre la sécurité des cyclistes.....

Pour sortir de cela, il faut à la fois changer de politique et informer les citoyens afin d'amorcer un changement de mentalité. Le travail fait au sein de l'agglomération de  Sète sur le Plan de Déplacement Urbain est à ce titre très intéressant: il montre que la voiture nous envahit, les transports en commun sont peu utilisés et le vélo utilitaire encore moins. Le P.D.U. étudie les solutions alternatives au tout automobile.

Néanmoins, la  voiture particulière est encore perçue comme le meilleur moyen de transport et surtout comme celui qui nous rend libre :le où je veux quand je veux quand je veux est encore très ancré dans les mentalités.


Pourtant le revers de la médaille de cette liberté commence a être bien connue:

- 48000 morts par an en France à cause de la pollution de l'air due en grande partie aux transports. Cette pollution qui fait naître les bébés moins gros et diminue l'espérance de vie. Il faut à cela ajouter les décès par accident.
- La voiture envahit notre espace que ce soit dans les grandes villes ou les petites villes.
-  Enfin, toutes les études, qu'elles soient basées sur les statistiques de L'INSEE de la consommation des ménages ou autres calculs, montrent que la voiture particulière s'avère être le déplacement de loin le plus coûteux surtout pour les déplacements inférieurs à 80 km. Les chiffres de l'INSEE attestent que la voiture particulière revient réellement en moyenne à 27 ct du km, le carburant représentant le tiers de la dépense,  les transports publics à 13 ct et le vélo à 12 ct (en intégrant tous les équipements nécessaires au vélo utilitaire).
Bien souvent les automobilistes sous-estiment le coût de leur voiture par rapport aux autres modes de déplacement et ceux qui le pourraient, ne se décident pas à tenter les transports en commun. D'autre part on ne mesure jamais assez les avantages du transport collectif: il est moins cher mais apparemment plus chronophage aujourd'hui (en partie à cause de l'excès de la voiture). Cependant, on ne tient pas compte du fait qu'en voiture le temps est perdu alors que dans les transports collectifs bien souvent on peut lire ou travailler ou même développer du lien social. 
Cette analyse sommaire sans prétention, autre qu'une réflexion citoyenne, montre qu'il serait souhaitable de sortir de cette politique du "tout automobile".

L'urgence écologique est là, nous avons le devoir d'agir pour arrêter le désastre: la pollution de l'air, de l'eau, des sols tue de nombreuses espèces. toutes les 20mn, une espèce vivante meurt, ce qui fait plus de 26 000 par an, cela est du en grande majorité aux activités humaines. Ce n'est pas la planète qu'il faut sauver, elle continuera de tourner, mais la vie sur terre. Nous cassons la branche sur laquelle nous sommes assis.

On peut être pour ou contre la taxe carbone, on peut douter de son utilisation par nos gouvernants puisque le scandale vient d'être révélé: 577 millions d'euros de la taxe carbone ont été siphonnés du budget écologie. Cependant, nous devrions nous mettre d'accord sur l'urgence écologique. Réfléchir ensemble aux moyens à mettre en oeuvre pour arrêter le désastre. Luttons contre la ponction faite aux gens les plus démunis, demandons des comptes à nos dirigeants, oui mais sans oublier cette urgence planétaire.

Mettons des gilets jaunes, des bonnets rouges ou des pantalons verts pour tout cela ; demandons la diminution de toutes ces taxes qui nous étouffent mais réclamons en même temps des meilleurs transports collectifs, des voies cyclables et des trottoirs pour le piétons. La France est très en retard dans le domaine des déplacements par rapport aux pays de l'Europe du nord que ce soit pour les transports collectifs ou les pistes cyclables : la part modale du vélo dépasse dans certaines villes celle de la voiture. A Copenhague 35% des déplacements se font à vélo et 38 % à Münster. 
Demandons une subvention pour ceux qui n'ont pas de transports collectifs pour aller travailler en attendant de pouvoir faire autrement comme nos voisins du nord. Réclamons le retour de l'I.S.F., taxons les transports aériens pour financer la transition énergétique.
Nous savons tous qu'il est impossible à l'échelle planétaire de continuer à polluer ainsi, épuiser nos réserves énergétiques pour déplacer une tonne de ferraille  par personne.

Alors, soutenir les revendications des gilets jaunes, oui mais en réfléchissant aussi à nos modes de déplacement et à la société que nous voulons pour nos enfants demain. Il y a urgence à inventer un autre monde,  à sortir de cette politique qui tue l'humain.

Sylvie Vimont RIspoli

Christian Puech, à propos des sentiments religieux durant la Grande Guerre

Centenaire guerre 14-18 : «  Renvoyés avant guérison en première ligne, et morts faute d’avoir manifesté des sentiments religieux… »

Parmi les nombreux côtés par lesquels ont été mis en lumière depuis un an, les causes, les horreurs, la durée et les conséquences de la guerre 14-18, l’une de ces pratiques me semble avoir été oubliée par les grands médias.

Pourtant le sujet est d’importance, il s’agit de l’ingérence de la religion dans une partie du commandement militaire, qui a conduit à une mort quasi certaine un nombre à jamais inconnu de soldats agnostiques ou qui ne manifestaient pas de sentiments religieux.

"Pourtant, la séparation de l’église et de l’Etat avait été inscrite dans la loi neuf ans plus tôt. De plus, la question religieuse est encore d’une actualité brûlante en France, entre autres dans le conflit qui oppose régulièrement l’école laïque à l’école privée. Mais dans une démocratie tolérante il est normal que les deux aient droit de cité.

Des milliers de cérémonies vont être organisées en France pour le centenaire de l’armistice, M. le président Manuel Macron vient de parcourir un « itinéraire mémoriel », dimanche, il s’adressera à 60 chefs d’Etat, et mardi, il lancera le premier Forum sur la paix organisé en France.

Mon arrière-grand-père maternel, Joseph Trouilloud, originaire du Vercors, a survécu après avoir combattu quatre années dans les tranchées, et mon père, Adrien Puech, fut à Montpellier un apôtre de la Paix. Il m’avait présenté au sculpteur-dessinateur Paul Dardé (1888-1964) ancien brancardier au front, auteur du seul Monument aux Morts français dédié à la Paix universelle,symbolisé par la douleur et le chagrin des orphelins et des veuves de toutes conditions sociales entourant le soldat mort pour la patrie.

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(Photo C. Puech)

La liberté d’expression de Dardé

J’ai l’honneur d’être le biographe de cet Artiste « maudit », mort dans la misère à Lodève où il a réalisé ce Monument. Un Artiste envers lequel j’ai eu l’honnêteté intellectuelle de reproduire, envers et contre tout, ses « Lettres ouvertes » et écrits tabous depuis 1932. Dans ces dernières, Dardé évoque l’ingérence tragique de la religion pendant la grande guerre et les persécutions pour délit d’opinion que son esprit de vérité a engendré de la part de certains notables locaux. J’ai donc quelques raisons de ne pas me taire, d’autant qu’en dehors de mon livre, nulle part ailleurs sont reproduits à ce jour les écrits intemporels de Dardé, je cite page 141 : » « Il y a encore des gens qui pensent et qui tiennent essentiellement à la liberté de conscience ; et qui se souviennent de quelle manière bien souvent pendant la guerre, les blessés qui ne pouvaient pas pousser l’hypocrisie jusqu’à feindre d’avoir des sentiments religieux, étaient renvoyés même avant guérison sur le front, alors que toute une bande de mouchards restaient indéfiniment à l’arrière, pour une bonne raison, qu’ils exécutaient toutes les palinodies qu’on les priait d’exécuter pour la plus misérable gloire de Dieu…(D’autres) étaient renvoyés au front, avec ces indications mystérieuses, qui accompagnaient ceux-là que ne devaient pas revenir…Et bien messieurs les Conseillers, c’est là que se trouve le nœud de toute l’intrigue que vous ignorez, qui n’est connue que de quelques initiés, et dont j’ai été longtemps victime. Parce que je suis un peu libre dans ma façon de penser et de m’exprimer, parce que je ne me cachais pas pour travailler le dimanche, et surtout parce que je n’avais pas voulu en revenant (célèbre) dans mon pays renier mes modestes origines…on m’a regardé de travers et décidé de me combattre dans tout ce que je faisais… ».

C’est grâce à des hommes rebelles engagés dans de nobles causes que nombre d’entre nous découvrons les vérités essentielles qui sauvent. Ne devrions-nous pas regarder en face notre passé pour penser et construire enfin notre avenir. Qui ne mesure encore aujourd’hui l’incidence des religions et des mentalités dans les guerres et la gouvernance du monde ? Mais la longévité des mentalités dépasse de très loin la vie terrestre des hommes."

Christian Puech (10/11/18).

Pour en savoir plus, voir dans plus de 50 bibliothèques au monde : « Paul Dardé sculpteur-dessinateur de l’âme humaine » par Christian Puech. Ou pour faire l’acquisition de ce livre rare , diffusion : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

De la laïcité aux valeurs de la république

A propos de l'édito de Jacques Carles : De la laïcité aux valeurs de la république

Je crois que la violence et le goût du meurtre sont profondément inscrits dans notre patrimoine génétique de "chasseurs cueilleurs". Homo Sapiens est un animal démuni de toute arme naturelle, cornes, griffes, crocs, défenses, etc... et seule ses facultés intellectuelles (est-ce la fonction symbolique de Claude Lévy Strauss ?) lui ont permis d'inventer les moyens de subsister au milieu d'animaux bien plus forts que lui. Cette fonction symbolique lui permet également de rassembler plus que les 20 à 30 individus qui constituaient les tribus, autour de symboles (Dieux, patrie, profit, etc...). Elle permet aussi de réfréner les pulsions meurtrières grâce à la culture et l'éducation. Mais le couvercle de la marmite est mal ajusté, et il suffit de peu de choses pour le faire se soulever et laisser les pulsions s'échapper...

Maurice Bouchard

Les vélos dans la ville

Réaction à l'édito : Vélo, la mobilité douce pour créer de l'emploi

Votre texte du 4 juin dernier soulignait à juste titre l'apport favorable à la qualité de la vie urbaine qu'était le développement des voies cyclables. Mais il ne faut pas négliger une autre chose qui, elle, pénalise, freine et interdit à de nombreux citadins l'usage du vélo, voire le choix pour ce moyen de déplacement: cette chose, c'est l'impossibilité de ranger son vélo à son domicile.
Dans la plupart des immeubles en copropriété ou en locations construits jusqu'ici les promoteurs n'ont pas manqué de prévoir des places ou des box de stationnement auto en vente ou en location dans les sous sols. Mais rien pour les vélos, qui "n'existaient pas". Alors, quand vous rentrez chez vous, où mettre votre bicyclette? Dans le hall? Interdit, à juste titre. Dans le misérable cagibi en sous-sol nommé "votre cave"? Fastoche! La monter dans votre appart, Par l'ascenseur? C'est sans doute interdit mais essayez, en le tenant vertical, sans maculer miroir ou cloison et encombré de vos paquets...Par l'escalier peut-être? Combien d'étages? Et chez vous, dans votre deux ou trois pièces, dans l'entrée qu'elle obstruera, Dans le séjour ou la chambre, œuvre contemporaine...aux pneus souillés?
A la réunion de Co-propriété, essayez de présenter un projet d'aménagement d'un "garage à vélos". Les propriétaires investisseurs découvrent avec scandale la présence chez eux, à cause sans doute de la politique d'assistance, de prolos à vélos. Mais, mon ami, ce que vous demandez est TECHNIQUEMENT impossible...
Si je vous écris tardivement cette réponse à votre texte du 4 juin, c'est que j'apprends que "la réduction des normes de construction" destinée à développer la création de logements allègera les obligations de surfaces de rangement collectif. Il reviendra donc aux collectivités locales de reprendre -et, d'ailleurs, pour les vélos, de durcir et imposer au moins deux, sinon quatre - pensons aux collégiens et lycéens- espaces de rangement de cycles par appartement. Et l'exiger au moment de l'acceptation du projet, et au moment du permis de construire et lors des autorisations de réaménagement d'immeubles.
Et, bien entendu, "en même temps", une campagne de persuasion auprès des propriétaires d'immeubles existants qui furent conçus au temps du tout bagnole.

François Bourguignon

Libre Pensée de Montpellier et environs

Le Bureau du Groupe Victor Hugo de la Libre Pensée de Montpellier et environs, a pris connaissance par voie de presse d'une convention passée récemment entre l'Université de Toulouse I et le Centre Universitaire catholique Guilhem de Gellone (Montpellier).
Cette convention a pour objet de créer une licence en droit pilotée par l'enseignement catholique, ce qui passe par l'ouverture dès la prochaine rentrée d'une première année de licence.
Le Bureau du Groupe Victor Hugo de la Libre Pensée de Montpellier et environs, dénonce cette convention comme attentatoire à la laïcité de l'Ecole, et au principe républicain de séparation des Eglises et de l'Etat , garanti par la loi de 1905, et notamment au monopole de l'Etat quant à la collation des grades.
C'est pourquoi il interpelle la rectrice et le Préfet de la Région Occitanie, pour leur demander d'intervenir sans délai ,afin de faire annuler cette convention ,dans le plein respect de la loi de 1905.

Groupe Victor Hugo de la Libre Pensée de Montpellier et environs
 http://groupevictorhugo.over-blog.com - Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Tel : 06 37 74 89 54

Vie associative, politique et démocratie

une réflexion de Jean-Pierre FELS suite à l'édito de Jacques Carles sur le député idéal.

Il y a des moments où l’on se pose des questions sur la maladie, la souffrance, la mort (je viens de perdre mes parents)… Dans un de ces moments, je me suis intéressé aux réflexions de Frédéric Worm. Cet homme qui n’est pas simplement un billant intellectuel (professeur de philo à l'École normale supérieure) travaille aussi avec les hôpitaux (membre du Comité national d’éthique). Il porte un regard un peu décalé sur la politique et l’époque que nous traversons. Voici ce que j’en retiens.
Tout le monde nous parle d’une crise de la démocratie, alors que la démocratie a été et est toujours malade « des maux qui ne sont pas passagers, mais constants et irréductibles. Des maladies chroniques, qui tiennent à son essence et à l'humanité même ; mais qui peuvent connaître des pics mortels. Il nous faut donc connaître et affronter ces maladies, pour revenir, non à une santé parfaite, mais à la vie humaine, avec ses créations et ses joies, dont la démocratie est une condition ».
De quelles maladies veut-il parler ? Avant tout, une violence intérieure aux relations humaines, contre laquelle la démocratie a bien du mal à lutter, face à des régressions toujours possibles. Cette violence prend des formes nouvelles accentuées par les ébranlements de l'époque : le soupçon, le mensonge ou le cynisme, renforcés par Internet ; le racisme, nourri par le terrorisme; l'ultralibéralisme, aggravé par les excès d’une mondialisation sans règles.
Pourquoi je dis tout cela ? Simplement parce que je suis convaincu que le travail bénévole que nous faisons au travers de la vie associative, de l’éducation des enfants et du soin que nous portons à notre environnement, tout cela qui ne fait pas les gros titres de la presse, est bien pourtant la base d’une vie sociale apaisée, la thérapie pour soigner les maladies chroniques de la démocratie.
Puissent nos responsables politiques le comprendre !

Jean-Pierre FELS

Montpellier secret et insolite

Montpellier secret et insolite
Les trésors cachés de la belle languedocienne

par Marie Susplugas

Montpelliéraine de naissance, historienne de formation, Marie Susplugas a enseigné à l'Université Paul-Valéry de Montpellier. Journaliste indépendante, elle publie régulièrement des articles sur le patrimoine du Languedoc-Roussillon. Elle est également l'auteur d'une Histoire du Languedoc aux éditions Ouest-France et de Montpellier Impressions, chez Études et Communication.

"J'ai reçu ce livre. "Montpellier secret et insolite" est un ouvrage que je trouve assez complet sur les petits secrets de la ville. Il est richement illustré et la mise en page est attrayante. J'ai seulement quelques petits reproches à faire. Il n'y a pas de carte de la ville et de plan de l'Écusson dans le livre sur lesquels seraient placées les curiosités traitées dans les pages. Pour chaque curiosité on donne les adresses, mais il faut se doter d'un plan de la ville ou aller sur Google Map pour les situer. Le livre n'est pas censé être un prodige d'exhaustivité dans la liste des curiosités traitées, des éléments sont immanquablement absents comme les halles Laissac, la fontaine Font Putanelle ou la roue en pierre de la rue St Ursule, mais les éléments importants sont là, plus quelques bonus alléchants comme le restaurant la Diligence de hôtel de Varennes ou la Boite à Musiques de l'Hôtel du Palais. L'ouvrage insiste d'ailleurs sur le fait qu'à Montpellier il y a de nombreux hôtels particuliers qui cachent derrière leurs façades des trésors d'architecture et d'art appliqué, cages d'escaliers, peintures, voutes, etc. Par soucis de complétude la lecture de ce livre devrait être enrichie par la visite de ce site, bien plus exhaustif que le livre de quelqu'un qui connait bien et aime sa ville. " - Jean-Luc Drevillon. (» Amazon)