Gardiola Nostra au col de la Tortue

Ce mercredi 12 décembre 2018, une douzaine de personnes motivées se retrouvent entre Fabrègues et Cournonterral au col de la Tortue, dès dix heures du matin. 
Les conseillers départementaux héraultais, Sylvie Pradelle et Pierre Bouldoire viennent là pour défendre l'engagement du département sur ce Massif de la Gardiole.
Ces élus aiment baptiser ce canton du nom de "Canton de la Gardiole", car il est au coeur du territoire et de leurs préoccupations.
Sont aussi présents les acteurs de la DFCI, personnel départemental dédié à l'entretien du massif, des Sapeurs-Forestiers et aussi des acteurs de Sète-AggloPôle-Méditerranée.

"Le Conseil départemental de l’Hérault consacre 500.000€ par an à l'entretien des DFCi (défense des forêts contre l’incendie). C'est essentiel dans la lutte contre les incendies et pour permettre que le massif fréquenté par 300.000 personnes par an puisse continuer d'être le jardin gratuit de tous les habitants" a rappelé Sylvie Pradelle, conseillère départementale de l'Hérault.



Ce massif forestier est au coeur de notre patrimoine, au même titre que les médiathèques, que le Littoral avec sa Maison du Littoral. 
La Gardiole, c'est notre bien, à tous. Possédants ou pas, nous sommes tous riches de ce jardin inestimable.

Ce col de la Tortue, c'est la rencontre de la ligne de creux conduisant de Cournonterral à la mer avec la ligne de crête, celle qui parcourt les sommets de la Colline de la Madeleine jusqu'à "l'Oeil" de la Vène, à Balaruc, dans l'étang de Thau. Un peu comme entre notre pouce, l'index et et le dessus et le dessous de la paume de la main.
Que se racontent-elles, en ce point d'instabilité, ces deux lignes que tout semblait opposer? Comme une selle de cheval entre mer et monts, cette torsion spatiale du plan quadrillé , elles bavardent sûrement de l'esprit de Gaudì concevant la Sagrada Familia, cathédrale inversée, ou tout aussi bien, peut-être de  la flor inversa poème retors de Raimbaud d'Aurenja, venant visiter sa soeur à Aumelas.

 

Une vue panoramique qui se mérite après une ascension pentue
Les drailles de la garrigue réservent toujours de merveilleuses surprises, même aux habitués. 
Nous parvenons, le souffle court, sourire aux lèvres sur ce plateau d'exception. Le soleil et le vent nous coiffent avec affection, avec enthousiasme. 
Le panorama 360 degré plein les mirettes: mieux qu'au Futuroscope. 
La Gardiole n'a jamais oublié le nom de la farigoule qui embaume à plein nez, ni celui du cade, arbuste torturé par le mistral, ou brûlé de soleil, ni le cri des chouettes par nuits de pleine lune.
Avec un peu de curiosité, d'attention, on retrouve vite les murettes, les charbonnières, les "camins ferrats". Avec un peu d'imagination, en fermant à peine les yeux, en tendant l'oreille, on devine l'ancien traffic (mot occitan provençal désignant les mouvements du bétail) des zones littorales vers l'intérieur, au temps de Maguelone, de Saint Félix de Montceau, au temps de Saint Guilhem et de Psalmodie, au temps des Guilhems et du Roi d'Aragon.

Les forces tectoniques ont magistralement planté le décor: du nord-est, on vient depuis Nîmes en droite ligne, on survole les célèbres cyprès de Saint-Aunès, puis, près de Grammont la colline MontAubérou, toute de galets, les mêmes que ceux de la plage des Aresquiers, colline de MontAubérou dont le nom nous rappelle curieusement celui des Albères,  puis la colline éventrée de la Madeleine, pauvre Madeleine: elle a fondu comme les madeleines qui fondaient dans la bouche de Marcel Proust, et puis la Gardiole, on file ensuite vers le sud-ouest vers l'étang de Thau, le Mont Saint-Loup, ce volcan devant Agde, pays des comptoirs grecs. On suit la faille de Nîmes, accident majeur qui façonne notre cadre de vie, nos limites, notre espace: du Nord-Est au Sud Ouest. 
La nature fait bien les choses. D'un côté les étangs, les salines, le lido, les plages dorées révélant au touriste patient le trésor tellurique et secret, de ses variolites, cadeau de Neptune et de Pluton, talismans usées par la Durance, et en horizon la Méditerranée, mère de l'humanité, les grues du port de Sète et ses bateaux qui partent vers le Magreb. Et de l'autre côté, des plaines buttant sur de nouvelles marches dans l'arrière pays, qui nous conduisent en montant vers les collines de La Mourre, les garrigues de La Boissière chères à Max Rouquette, le Taurac, la Serrane et ses gouffres secrets, le Larzac où résonne toujours la musique ensorcelante du hautbois de Mestré Albarède, et pour finir, au loin, les tables de granites, "femmes couchées" pour les plus poètes,  batholithes pour les géologues,  du Caroux, du saint Guiral, de l'Aigoual, et du Libron, foyers de résistances de tous les temps.
Au loin, ce Massif Septentrional vers les causses, vers l'Auvergne, à l'est le Ventoux, jusqu'aux camelles d'Aigues Mortes, et parfois jusqu'à la Sainte Victoire, à l'ouest les Corbières, le Cab Crèus, les Pyrénées, le Canigou et l'Ariège: on a dans une poignée de main l'Occitanie de Raimond de Toulouse -celui qui éclaire le monde- venu défendre Beaucaire: des destins se sont scellés, heureux, ou tragiques.

On pourrait écrire des romans, faire des films, ou des tableaux, comme Courbet à Mireval. 
Et c'est un peu ce dont il est question, car cet amphithéâtre est un espace travaillé par l'homme depuis des millénaires, et aujourd'hui encore, on doit réfléchir à son exploitation, sa préservation, son avenir. 
C'est pour cela que Sylvie Pradelles et Pierre Bouldoire nous ont conviés à cette visite.

Le Massif de la Gardiole est le massif forestier le plus visité de l'Hérault: environ 300 000 promeneurs et vététistes par an.
Un tel trésor collectif pourrait bien vite être dégradé par une fréquentation abusive et irrespectueuse. 
Pire il pourrait disparaître en cendres en quelques heures: le paradis pourrait vite se transformer en enfer, comme à Paradise en Californie, où le président Donald Trump a mis en cause la mauvaise gestion des forêts. 
Ici, à la moindre alerte incendie, les sapeurs forestiers, les pompiers, localisés à Cournonterral, sont en 10 minutes sur les lieux d'intervention. 
Cela peut sembler ordinaire, ou au contraire magique. 
Ce n'est ni l'un ni l'autre. Une telle capacité d'intervention suppose toute une logistique, des personnels, des pistes forestières.

La protection du Massif de la Gardiole est placée sous l'égide de quatre organismes:

  • le Département de l'Hérault,
  • Le Syndicat Mixte du Massif de la Gardiole (communes de Gigean et de Fabrègues)
  • Sète-Agglopôle-Méditerranée
  • l' Office National des Forêts

Le massif de la Gardiole accueille de nombreuses activités, qui doivent cohabiter:

  • exploitation forestière
  • exploitation agricole (chevaux, brebis)
  • randonnées pédestres
  • Vélo-Tout-Terrain
  • chasse

Rappelons enfin que la propriété peut y être domaniale (état, ONF), communale, ou privée.

C'est dans le cadre de ses compétences en matière de Défense des Forêts Contre l'Incendie (DFCI) que le département intervient.
Cette intervention ne coule pas de source, n'est pas toujours visible par le visiteur. Elle est protéiforme.
Et pourtant ce sont :

  • 2 000 kilomètres de pistes sont créées,
  • un budget de 500 000 € pour leur création et leur entretien.
  • 180 hectares qui sont défrichés chaque année par les sapeurs forestiers. 
    Ce débroussaillage a considérablement réduit les départs de feu (plus de 200 par an, il fut un temps, maintenant 20 en moyenne par an).
  • 120 agents qui sont dédiés à la DFCI, sur l'Hérault.

Les pistes de première catégorie font huit mètres de large, avec un débroussaillage de 20 mètres de chaque coté: cela en fait des pare-feux.
Ces pistes sont réalisées en matériaux rocheux récupérés sur place:

  • un engin à chenille équipé d'un soc défonce le rocher, soulève les roches sur quelques dizaines de centimètres
  • un concasseur réduit tout ce matériau en granulé de taille choisie
  • la chaussée est nivelée, puis tassée, damnée à l'aide d'un rouleau compresseur, la pluie achevant le travail de consolidation.

Rappelons que ces routes forestières ne sont pas destinées à la fréquentation automobile privée, mais à l'entretien et à la conservation du site, aux interventions d'urgence.

Ajoutons qu'en lien avec Sète-AggloPôle-Méditerrannée, des sentiers sont balisés, dont un sentier botanique, la Gardiole est régulièrement  nettoyée. 

Par exemple la multiplication des sentiers de VTT "mono-traces", très prisés des vététistes, a tendance à envahir l'espace sauvage. 
Il faudra un jour penser à protéger certaines zones, qui devront rester sauvages. D'où la nécessité d'un balisage du massif.

Notons enfin que le département, quitte à repeindre régulièrement les citernes d'eau, a mis en place "Cit'Art", un plan de peintures artistiques des réservoirs d'eau : l'art dans la nature.

C'est déjà midi. Les plaines en bas, là-bas semblent bien lointaines, et les villages, les champs, les routes nous apparaissent en miniature. Nous ne sommes pas la Petite Chèvre de Monsieur Seguin, et tel un avion qui se prépare à atterrir, nous plongeons vers la vie des hommes.

Crédit Photos: Merci à Yves Jaumain, Département 34

RR

Nouvelle expo à Lattes "collection de torques"

 

Explorée depuis le XIXe siècle, la craie champenoise a livré un nombre considérable de nécropoles généreuses en objets qui ont aidé les générations successives d’archéologues à forger des références partagées pour construire et reconstruire l’image des Gaulois.
D’abord convoités pour leurs qualités antiques et esthétiques, les torques, ces colliers rigides caractéristiques, faits de bronze ou d’or, mis au jour en Champagne sont rapidement considérés comme des indices incontournables pour concevoir la chronologie de l’âge du Fer européen.

« Torques et compagnie. Cent ans d’archéologie des Gaulois dans les collections du musée d’Épernay », c'est le thème de la nouvelle exposition de Lattara au Musée Henri Prades de Lattes qui sera présentée jusqu'au 2 septembre 2019.

Une riche collection de 350 objets retraçant 100 ans d’archéologie des Gaulois en Champagne...

» Echos/Lattes