La marguerite des morts

Bien que le chrysanthème soit associé aux jours des morts, cette fleur est dotée de significations plutôt joyeuses dans le langage des fleurs qui comptait beaucoup au XIXe siècle. À l'époque, quand on offrait un bouquet de chrysanthèmes, cela signifiait amour absolu. Aujourd'hui, si vous en offrez un chrysanthème pour une soirée galante, je ne suis pas sûr que la dame apprécie beaucoup. Le terme de « chrysanthème » est un mot du genre masculin qui signifie étymologiquement « fleur d'or » et qui vient des mots grecs « chrys » (or) et « anthemon » (fleur). Il n’existait au début qu’en couleur jaune d’or. Originaire de Chine et du Japon, cette fleur fut introduite en occident en 1753 par Linnaeus, un botaniste suédois date à laquelle elle fit son entrée en Europe. Les Chinois les cultivaient il y a 2.000 ans. Il se vend chaque année quelques 25 millions de pots.

Cette tradition des chrysanthèmes remonte à la première guerre mondiale à l’armistice de 1918, où se développe la coutume d’orner les tombes des défunts avec des fleurs. La date de la fête des morts coïncidant avec le milieu de l’automne, car il fallait trouver une fleur en pleine floraison à cette période de l’année. Le chrysanthème fut alors largement employé et devint au fil des années un synonyme incontournable de la Toussaint car il fleurit tard dans l’année et peut résister à un gel modéré. Les chrysanthèmes que nous connaissons actuellement ressemblent peu à l’espèce d’origine qu’on retrouve à l’état sauvage qui ressemble à une marguerite (Glébonis Coronaria) et qui est de la même famille.

L’occasion aussi de rappeler ces merveilleuses paroles du poète, un certain Georges Brassens…

Avant d'aller conter fleurette
Aux belles âmes des damnées
Je rêve d'encore une amourette
Je rêve d'encor m'enjuponner
Encore une fois dire: "Je t'aime"
Encore une fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème
Qui est la marguerite des morts

Georges BRASSENS
Le testament (1955)

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LA PASSION DE LA DÉCOUVERTE

Pourquoi ce titre : la passion de la découverte ? Parce que la découverte est une passion tout comme la chine, tout comme la collection. Parce que chiner c'est conjuguer le passé au présent, ressusciter un objet endormi, répondre à la question du poète : objets inanimés vous avez bien une âme. Parce que chiner, c'est agir de manière écologique.

LES CHINEURS : UNE GRANDE FAMILLE

Amateurs ou professionnels, chineurs ou collectionneurs, tous ont un point commun, la passion. Chaque semaine vous irez avec eux chiner dans les foires et les marchés aux puces, dans les brocantes et les salons, les braderies et les vide-greniers, dans toute la France et même au-delà. Et bientôt, sans vous connaître, vous vous reconnaîtrez comme faisant partie de la même famille.

LA CHINE : UNE ÉCOLE DE PATIENCE

Chiner ce n'est pas aller en famille dans un magasin, pour y acheter un secrétaire de 1,12 m de large, afin qu'il trouve exactement sa place entre la cheminée et la fenêtre du salon.
Ce n'est pas aller chercher dans le vide-greniers qui se tiendra le samedi suivant, au coin de la rue, la série complète des boîtes Banania pour égayer une étagère de la cuisine ; même si vous avez lu la veille, dans un magazine de décoration, gue les objets publicitaires sont à la mode.
Dans les deux cas, vous risqueriez de vous exposer à une désagréable déconvenue car chiner, ce n'est pas trouver, à coup sûr, un meuble ou un objet des siècles passés, comme on achète un article vu dans un catalogue ou sur une publicité. Au contraire, la chine est une preuve, et non pas une épreuve, de patience et de pugnacité, comparable à celle d'un chercheur ou d'un explorateur. Et plus l'objet sera ancien, fragile, délicat, plus il sera rare mais plus la trouvaille prendra pour son découvreur une valeur inestimable. 
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